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Publié par Centre Béthanie

Noël 2012 : vidéos, audio, texte

Homélie pour la nuit de Noël 2012

Père Pascal Sauvage

Christ est né !

Nous venons d’entendre le récit que fait l’évangéliste Luc de la naissance de Jésus. Et ce qui me frappe tout d’abord c’est que les premiers à apprendre la bonne nouvelle sont des bergers, des gens qui sont au travail, des gens qui veillent, des travailleurs de la nuit. Et ces bergers, ces vigilants, sont tout à coup enveloppés de lumière par la gloire du Seigneur, par la Shekina, et cela, sans qu’ils n’aient rien fait, sans qu’ils n’aient rien demandé, et pourtant tout leur est révélé en quelques mots : Un Sauveur vous est né ! C’est le Messie, c’est le Seigneur !

Tout est dit, mais on a tellement l’habitude d’entendre cette histoire, année après année, que l’on ne se rend, peut-être, plus compte, de l’énormité de la chose. Les premiers à apprendre la bonne Nouvelle de la naissance de Dieu sur terre sont des bergers, c’est-à-dire à l’époque, vous ne le savez peut-être pas, des « moins que rien ». Ne disait-on pas dans le judaïsme du premier siècle : « On ne retire pas d’une citerne les païens, ni les bergers qui y tombent. » ? Ce n’était pas très sympathique mais c’est éloquent sur l’estime dans lesquels on les tenait.

Pourquoi donc ces gens étaient-ils ainsi méprisés ? Parce qu’ils n’observaient pas la Thora ! Ainsi par exemple ils ne pouvaient pas respecter le Shabbat, ni aller à la Synagogue, ni monter à Jérusalem pour les fêtes de pèlerinage. Par nécessité ils étaient toujours avec leur troupeau, travaillant obligatoirement chaque jour. Et il y avait bien d’autres commandements parmi les 613 de la torah que les bergers ne pouvaient pas respecter !

Mais ce sont eux, les derniers des derniers de cette société, des pécheurs, des marginaux au sens premier du terme, puisqu’ils vivent totalement en marge de cette société juive, ce sont eux qui reçoivent la Bonne Nouvelle, eux, les premiers ! Et ils ne la reçoivent pas en langage codé, mais en clair, car c’est à eux que Dieu annonce la Bonne Nouvelle par la bouche de son ange : « Un Sauveur vous est né aujourd’hui ! C’est le Messie, c’est le Seigneur ! » Ils n’ont pas de questions à se poser, tout, tout leur est révélé ! Et l’ange va même jusqu’à leur donner comme signe de la véracité de cette révélation, la description de ce qu’ils vont voir dans quelques instants : un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche, c’est-à-dire dans une mangeoire. Tout leur est donné, gratuitement, tout « nous » est donné, gratuitement ! En sommes-nous conscients ?

Et pourtant, pour nous, ce signe est une épreuve, c’est-à-dire une preuve que nous avons à donner de notre foi. Oui ! Devant cette mangeoire où repose un nouveau-né comme tous les autres, sorti du ventre d’une femme comme tous les nouveau-nés, nous pouvons mesurer si nous sommes vraiment « chrétiens ». Sommes-nous devant cette crèche par habitude ? Sommes-nous devant cette crèche par folklore ? Pour faire plaisir à un membre de notre famille ? Au fond de nous-mêmes, quelle est notre foi ? Croyons-nous en Dieu comme en un architecte de l’univers ? Ou comme une puissance énergétique supérieure ? Ou reconnaissons-nous vraiment, de tout notre être, dans ce bébé, couché dans la mangeoire, né à l’instant d’une femme de Judée, reconnaissons-nous le Fils de Dieu, « Dieu lui-même » ?

Noël n’est donc pas d’abord une fête. Noël, c’est d’abord une épreuve pour notre foi ! Car nous touchons ici le cœur du christianisme, ce que les théologiens appellent le mystère de l’Incarnation ! L’expression est belle mais peut être tellement abstraite pour nous, qu’elle ne nous touche plus. Alors, avec les Pères de l’Eglise, soyons concret : Dieu devient homme pour que l’homme devienne dieu. Y croyons-nous ? Noël c’est cela, c’est cela ou ça n’existe pas ! N’en déplaise à ce monde qui veut nous en faire faire une fête de la bouffe, une fête des cadeaux, une fête de la famille mais que surtout, surtout on oublie que ce bébé, couché dans la mangeoire est le Fils de Dieu, qu’Il est Dieu lui-même ! Pour cela dans un premier temps, on a d’abord inventé le Père Noël et maintenant on invente Noël sans la crèche, Noël sans Jésus, Noël, oui, mais sans signe religieux ostensible ! Mes amis, il faut nous réveiller et réveiller ce monde, Noël, c’est la naissance de l’Emmanuel, c’est la naissance de Dieu avec nous ! C’est la naissance de Dieu qui vient donner sens à notre histoire, à l’histoire universelle comme à notre histoire personnelle.

Depuis ce jour là, nous ne sommes plus seuls, nous ne sommes plus livrés à nous-mêmes, nous ne sommes plus livrés à la solitude de la souffrance, du désespoir et de la mort, nous ne sommes plus condamnés à un destin absurde et désespérant, nous ne sommes plus sous le signe du hasard et de la nécessité ! Car Dieu est avec nous, devant nous, à côté de nous, en nous, si nous l’acceptons, si nous le voulons, car nous sommes libres, oui, si nous le voulons, Il s’offre à nous, devenant homme pour que nous devenions dieu et les anges chantent : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, paix sur la terre, aux hommes bonne volonté ».

Aussi nous avons non seulement le droit, mais même le devoir de ne plus désespérer de l’homme, car si Dieu est vraiment devenu homme pour que l’homme devienne dieu, si, devant cette mangeoire et devant ce nouveau-né, nous y croyons vraiment, alors l’homme de Noël passe l’homme, l’homme de Noël est de race divine, c’est un homme debout et il est la gloire même de Dieu.

Aussi réjouissons-nous, faisons la fête, mais pour le vrai motif, celui de l’espérance qui est maintenant en nous. Rassemblons-nous, offrons nous des cadeaux, ils sont le signe du grand cadeau que nous avons reçu, car un enfant nous est né, un Fils nous a été donné et à Lui soit l’honneur, la puissance et la gloire aux siècles des siècles ! Amen

Noël 2012 : vidéos, audio, texte
Homélie du Père Pascal Sauvage
Choeur de Béthanie

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