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Publié par Centre Béthanie

Gorze, Janvier 2023

Chers amis,

Nous avons célébré en ce début de mois de janvier la fête de l’Epiphanie, c’est-à-dire la « Manifestation » du Seigneur Jésus aux non-juifs, la manifestation du Seigneur Jésus aux Nations. A Noël, nous avons célébré sa naissance et sa manifestation aux Juifs à travers les bergers. Or il n’y a que deux évangélistes qui racontent la naissance du Sauveur et c’est intéressant de constater que c’est saint Matthieu qui est juif, dont l’évangile, selon saint Irénée, a été écrit dans la langue des Hébreux, qui raconte la manifestation du Seigneur aux non-juifs, aux Nations et que c’est l’évangéliste Luc qui lui n’est pas juif, qui raconte la manifestation du Seigneur aux Juifs !

 

Dès le début de son Evangile le Seigneur nous montre que non seulement le Salut est pour tous, mais que nous avons besoin les uns des autres pour Le reconnaître en vérité. Oui, les Juifs ont besoin des non-juifs pour ouvrir le trésor reçu et passer du particulier à l’universel ! Oui, les non-juifs ont besoin des Juifs pour authentifier ce trésor qui leur a été confiés et passer de l’universel au particulier, du multiple au personnel.

 

Regardons ce récit évangélique en mettant notre prénom sur chaque personnage, la méthode est comme toujours très édifiante. Le premier personnage qui est cité en dehors de Jésus lui-même est le roi Hérode, personnage peu sympathique s’il en est. Il est certes roi de Judée et a reconstruit le Temple pour s’attirer les faveurs des Juifs mais c’est un usurpateur et il est considéré comme tel. Il a été fait roi par l’occupant romain, à la suite d’un carriérisme sans scrupule. Il était à l’origine fils du majordome du roi, c’est un Iduméen par son père, un quasi étranger et il n’hésitera pas à exterminer la dynastie juive au pouvoir et qu’il devait servir, pour, collaborant avec les Romains, prendre sa place.

 

C’est aussi un bâtisseur de cités hellénistiques et donc un collecteur d’impôt impitoyable. C’est le pourvoyeur d’une culture gréco-romaine qui ne respecte pas la tradition du peuple et de l’univers juif. Haï par le peuple comme par ceux qui l’entourent et le servent, c’est un homme qui a peur, peur de perdre son pouvoir, peur d’être assassiné, et qui s’entoure de protection : garde du corps, forteresses. Il vit dans l’angoisse perpétuelle. Mais quel beau portrait nous avons là de notre ego, de notre petit moi : usurpateur incessant de la vraie vie, serviteur de valeurs étrangères qui éloignent de Dieu, sans scrupule, angoissé, toujours sur la défensive et ne connaissant que son propre intérêt…

 

Seconds personnages que le texte nous propose : les mages. Qui sont-ils ? Au sein de l’histoire, on ne sait pas ! ils sont une référence à des gens qui viennent de loin, de Perse, pour les gréco-romains c’est un autre monde, des hommes d’un monde lointain et connaissant la sagesse primordiale. Sont-ils des prêtres ? des astrologues ? des voyants ? peut-être ! des contemplatifs ? sans aucun doute. Ce qui est important ici c’est qu’ils voient l’Etoile à son lever, c’est-à-dire à son principe, à son commencement, qu’ils se mettent en route et qu’ils suivent « Son » étoile ; pas « une » étoile mais « Son » étoile.

 

Soulignons qu’ils cherchent, se renseignent, se fatiguent pour venir se prosterner devant Lui, devant Celui qu’ils ne connaissent pas mais dont ils savent avant même de l’avoir vu, que c’est un roi qui vient de naître. Ils ont cette connaissance intérieure, cette révélation, pour être mis en route et faire le chemin, pour apporter l’encens, l’or et la myrrhe.

 

L’encens c’est une résine précieuse que l’on n’offre qu’aux dieux, que l’on n’offre qu’à Dieu. On peut voir dans ce mage qui apporte l’encens cette fine pointe de notre âme qui nous permet d’entrer en contact avec Dieu, ce que nous appelons aussi l’esprit, le « noûs » et qui a la capacité de dialoguer avec Dieu.

 

Le second mage apporte l’or, c’est le métal précieux symbole de la Royauté. Cette royauté qui gouverne les Nations, les cultures, l’intelligence, les cités, les rapports entre les hommes. Cette royauté n’est-ce pas notre âme, notre psyché qui nous gouverne ?

 

Le troisième mage apporte la myrrhe, parfum traditionnel de l’Arabie, elle permet d’embaumer les morts et nos Pères y ont vu l’annonce de la mort et de la Résurrection du Seigneur Jésus. Mais ne peut-on y voir aussi le symbole de notre corps qui mourra assurément mais qui ressuscitera, c’est notre foi.

 

Ces trois mages qui apportent l’encens, l’or et la myrrhe nous enseignent que c’est de tout notre être, avec tout notre être et par tout notre être, corps, âme et esprit, que notre personne est appelée à se mettre en route, à se fatiguer, à entrer dans la connaissance, à se renseigner auprès des autres, pour suivre l’étoile et Le découvrir lorsque « Son » étoile s’arrêtera juste au-dessus du lieu où Il se trouve.

 

Rappelons-nous nos moments étoilés… Comme les mages, avant d’entrer : réjouissons-nous d’une très grande joie et alors nous pourrons : corps, âme et esprit nous prosterner et L’adorer. Et le texte nous dit : ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent des présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Nous sommes l’or, l’encens et la myrrhe, nous sommes les présents qu’Il attend de nous. Réjouissons-nous d’une très grande joie et donnons-nous corps, âme, esprit, à ce roi qui habite notre Bethléem intérieure, notre maison, notre cœur.

 

Mais : … avertis en songe de ne pas retourner vers Hérode, ce fut par un autre chemin qu’ils retournèrent en leur pays. Nous sommes prévenus, il nous faut, coûte que coûte, éviter de retourner vers Hérode, de redonner à notre « ego » une place usurpée. Il faut que notre esprit, notre âme et notre corps, libérés d’Hérode retournent dans notre pays par un « autre » chemin que celui qui nous est habituel et qui provoque tant de massacre des innocents en nous-mêmes comme autour de nous.

 

Dès le début des Evangiles, Dieu nous propose la « metanoïa », le retournement. Dès le début des Evangiles notre chemin spirituel nous est indiqué : suivre « Son » étoile, et nous réjouir d’une très grande joie. A nous de nous offrir à Lui sans réserve, corps, âme et esprit, afin qu’Il puisse réaliser en nous ce qui Lui est agréable.

 

Avec toute mon affection en Christ !

Père Pascal

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Prières

 

Je t'ai cherché, mon Dieu, autant que j'ai pu. Autant que tu m'en as rendu capable, j'ai désiré voir avec les yeux de l'intelligence ce que j'avais d'abord cru ; j'ai longuement discuté et beaucoup travaillé ; Seigneur, mon Dieu, mon unique espérance, exauce -moi. Fais qu'aucune fatigue ne m'empêche de te chercher ; fais, au contraire, qu'avec plus d'ardeur, je cherche toujours ta face. Donne-moi la force de te chercher, toi qui m'as fait te trouver et qui m'as donné l'espoir de te trouver toujours davantage. Devant toi sont ma force et ma faiblesse : affermis l'une et guéris l'autre. Devant toi sont ma science et mon ignorance : là où tu as ouvert, laisse-moi entrer ; là où tu as fermé, je frappe, ouvre-moi. Que je me souvienne de toi, que je te comprenne, que je t'aime. Augmente ces trois dons en moi, en attendant que tu m'aies entièrement changé.

(Saint Augustin, De la Trinité, XV, 28)

Texte à méditer

 

Dans cette lente alchimie de mon être, ce qui tombe et meurt, c’est le « petit moi», l’ego, comme le cocon d’une chrysalide tombe pour permettre au papillon d’accéder à la vie. Même si la chrysalide se tord dans ses souffrances, il s’agit d’un processus de vie et de joie. Ainsi, quand nous nous exerçons à la joie et que nous rendons grâces « en tous temps et en tous lieux », c’est-à-dire même quand cela va mal, notre ego meurt. Cette joie est un grand acte, c’est l’acte le plus élevé du détachement de soi, le plus opposé à l’égoïsme et, simultanément, un acte créateur.

L’ego meurt si nous sommes vraiment heureux, car il n’existe qu’en se plaignant, qu’en étant contre, toujours replié sur lui-même, marinant dans ses problèmes. Si notre ego résiste tellement à la gratitude, c’est parce que celle-ci l’oblige à disparaître. Là où est Dieu, là est la Joie, car Dieu est la Joie en Personne.

 

Père Alphonse et Rachel Goettmann

Prochainement  à  Béthanie:

Danse et méditation

Expérimenter l’immobilité dans le mouvement et le mouvement dans l’immobilité.

La méditation silencieuse nous ancre dans le mouvement vital et la danse s’origine dans le centre immobile d’où naît ce mouvement. Qu’est-ce qui se meut en moi ?

En méditant et dansant, nous expérimenterons deux pratiques complémentaires qui nous ouvrent à la Présence

(stage ouvert à tous).

En savoir plus (clic):

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Session animée par Madeleine Dekeyser, formée en psychosynthèse, et le père Francis Dekeyser pour la méditation, tous les deux membres de la communauté de Béthanie.

Du 10 au 12 février 2023

L'aventure du chemin intérieur

De la confusion du mental à la clarté de l’esprit.

L’être humain est tendu entre son moi existentiel et son être essentiel. Cette dualité nous invite à redécouvrir en nous un équilibre, source de calme et de joie. Comment créer les conditions « corps, âme et esprit » de la réconciliation intérieure ?

D’après les enseignements de Roberto Assagioli, médecin neuropsychiatre et père de la psychosynthèse et de Karlfried Graf Dürckheim.

 

Rencontre avec Bertrand Vergely

Petit voyage en haute connaissance.

Enseigner veut dire transmettre l’ouverture de conscience permettant d’aller au cœur de toute chose, de tout être, de tout mystère céleste en les vivant et en les faisant vivre. Le Christ est venu enseigner cette haute connaissance en faisant naître à la connaissance, rompre avec l’agitation du monde, sortir du dolorisme, resplendir l’existence, l’humanité ainsi que l’univers dans la plénitude.

En savoir plus (clic):

Bertrand Vergely est professeur de philosophie en Khâgne, maître de conférences à l’Institut des Sciences Politiques de Paris, théologien et écrivain.

Du 25 au 26 février 2023

En savoir plus (clic):

Retraites animées par le père Pascal Sauvage, prêtre orthodoxe, Carole, son épouse, et soeur Barbara, moniale orthodoxe, anciens collaborateurs de père Alphonse et Rachel Goettmann.

Du 3 au 5 mars 2023

Retraite du Grand Carême

la place des anges dans notre vie

Au début de sa vie publique, « Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. » ; ayant résisté aux trois tentations, « le diable Le quitta et des anges s’approchèrent de Lui et ils Le servaient. »

Qui sont ces personnages habituellement invisibles et qui interviennent parfois dans nos vies ? Qu’en disent la Bible, la Tradition des Pères et la liturgie? Dans le cadre de cette retraite où nous ferons de la place à la prière, au jeûne et au silence, à la méditation des textes bibliques, au chant et au travail corporel, nous essaierons de nous approcher de ce monde invisible et pourtant tellement présent et de trouver leur place dans notre vie.

 

 

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