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Publié par Centre Béthanie

                    Chers amis,

   Le 1er septembre 1989, l’Eglise orthodoxe de Constantinople a institué la fête de la Sauvegarde de la Création, c’était par une décision du patriarche Dimitrios et de son saint synode. Depuis lors les autres Eglises orthodoxes l’ont adoptée puis en 2015 le pape de Rome François a adopté à son tour cette date.

   Mais il faut remarquer que l’Eglise, c’est-à-dire la communauté des disciples de Yeshoua, nous tous, n’a pas attendu l’institution de la fête de la « Sauvegarde de la Création » pour fêter ce mystère. Quand elle fête à l’Annonciation ou à Noël, l’Incarnation du Verbe, ne fête-t-elle pas en fait la « sauvegarde de la création » ? Quand elle fête Pâques, la résurrection du Fils de l’Homme, ne fête-t-elle pas la « sauvegarde de la création » ? Quand elle fête la Pentecôte, la descente de l’Esprit-Saint sur les disciples et sur le monde, ne fête-t-elle pas encore la « sauvegarde de la création » ?

   Dès ses premiers mots, la Bible nous décrit la création de l’univers, des astres, de la planète, des eaux, des plantes, des animaux et à chaque étape Dieu vit que cela était bon, que cela était beau et, le septième jour, Dieu ayant constaté que tout était beau et bon, passa, si j’ose dire, le relais à l’homme en disant :

   Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. Et qu’il règne sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur les bêtes sauvages et sur tous les animaux qui rampent sur le sol, et Dieu créa l’homme à son image; à l’image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa. Dieu les bénit, soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et soumettez-la. 

   Permettez-moi de m’arrêter sur ce texte du premier chapitre, du premier livre de la Bible, la Genèse, à partir duquel les critiques du judéo-christianisme s’exercent allégrement, l’accusant de tous les méfaits sur l’environnement de la civilisation industrielle et de l’économie libérale. On dit souvent en effet : voilà les fondements de l’attitude de l’homme européen et américain. Leur Dieu leur dit de régner, de soumettre la terre, de la dominer, alors il ne faut s’étonner de rien et surtout pas qu’ils aient mis en pièce la planète pour leur seul profit. Ils sont justifiés par leurs textes sacrés.

   Mais les pourfendeurs du judéo-christianisme, c’est clair, ne retiennent du texte biblique que ce qui les arrangent car Dieu ne dit pas seulement de régner, de soumettre, de dominer, Il dit aussi comment : faisons l’homme à notre image et pour être sûr d’être bien compris il le répète trois fois en deux versets. Si l’homme doit régner sur la création, la soumettre et la dominer c’est donc en tant qu’image de Dieu, de ce Dieu qui vient de créer, pas de détruire, qui trouve cela bon et beau, le mot « tov » en hébreu veut dire les deux à la fois, et qui l’a répété à chaque étape de la création en s’ex-tasiant, c’est-à-dire littéralement en sortant de lui-même, en se donnant lui-même à ses créatures pour qu’elles existent.

   Donc quand Dieu passe le relais à l’homme au septième jour, au jour du shabbat, ce n’est pas pour que l’homme détruise mais pour que l’homme continue avec amour la création comme Lui l’a commencé, car « Dieu est amour » nous dit la Torah, « Dieu est amour » nous disent les prophètes, « Dieu est amour », nous dit Yeshoua, le rabbi de Nazareth, celui qui est parfaitement homme et parfaitement Dieu. Et ils nous le disent sur tous les tons et de toutes les façons. Non, le Dieu des juifs et des chrétiens ne leur a jamais dit d’exploiter, de détruire, de souiller la création mais au contraire de la respecter, de la soigner et de l’aimer.

   Mais depuis l’exil, qu’on appelle improprement la chute, c’est le cœur de l’homme qui est devenu pervers et l’homme est devenu meurtrier, l’homme s’est éloigné de la ressemblance qu’il lui était demandé d’acquérir et il a même oublié de qui il était l’image, de qui il était l’icône. Alors quand Dieu est venu vivre parmi les hommes, en Yeshoua Il a montré ce qu’était l’homme véritable, l’homme image et ressemblance d’Adonaï. Dieu s’est incarné pour nous montrer qui est l’homme véritable : celui qui sert les autres et qui se donne jusqu’à la mort sur la croix.

   Il nous a montré comment dominer… en lavant les pieds, il nous a montré comment régner… en étendant ses bras sur une croix, il nous a montré comment soumettre la matière… en ressuscitant des morts, c’est-à-dire en informant notre matière de l’intérieur par la vie divine et ainsi la re-créer et la transfigurer. C’est cela la tâche de l’homme et de la femme : servir, se donner jusqu’à la mort si nécessaire pour ressusciter jusqu’à transfigurer non seulement notre propre être mais à travers lui la création tout entière.

Il nous a montré comment dominer… en lavant les pieds.

Il nous a montré comment dominer… en lavant les pieds.

Alors aux pourfendeurs contemporains du Dieu des chrétiens, on peut certes accorder que ce sont des gens qui se disaient chrétiens qui ont créé cette civilisation industrielle et cette économie libérale qui ne respectent ni l’homme, ni la création mais ils l’ont fait par totale infidélité à Dieu et à sa Parole. Nous avons lu au début quelques versets du premier chapitre du premier livre de la Bible, la Genèse, mais lisons maintenant quelques versets des deux derniers chapitres du dernier livre de la Bible, l’Apocalypse.

Il me fit voir Jérusalem, la ville sainte qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, dans toute la gloire de Dieu.  Au départ dans la Genèse nous étions au paradis, dans un jardin. A l’heure de l’accomplissement, dans l’Apocalypse, nous sommes dans une ville, et la tâche de l’homme la voilà, ce n’est pas de retourner dans un jardin perdu, ça c’est la mythologie grecque, mais c’est de construire la ville, la ville sainte qui est dans toute la gloire de Dieu.  Regardons-la comme nous la décrit saint Jean :  

Il me montra encore un fleuve d’eau vive, scintillante comme du cristal de roche, il jaillissait du trône de Dieu et de l’agneau. Au milieu de la place, de part et d’autre du fleuve, se trouvait un arbre de vie qui fructifiait douze fois, pour donner chaque mois son fruit, tandis que les feuilles des arbres servaient à la guérison des nations. 

L’ayant créé à son image et à sa ressemblance, voilà ce que Dieu demande à l’homme en se retirant le septième jour, en le bénissant, et en lui disant de régner sur la terre. Quand Dieu dit à Moïse, souviens toi du Shabbat et célèbre-le, c’est aussi cela qu’il lui rappelle :  Passe du jardin du paradis, en le cultivant, en le soignant, et en en prenant soin, à la ville sainte, à la Jérusalem céleste, c’est-à-dire construits, co-crées avec moi le monde afin qu’il soit déifié !

Et nous, qu’avons-nous fait la plupart du temps ? nous avons fait un monde défiguré. Défiguré à l’extérieur parce que défiguré à l’intérieur depuis bien longtemps. C’est le cœur pervers de l’homme, le mien qui a projeté à l’extérieur et sur la création sa rapacité, son égoïsme, son esprit destructeur, sa malédiction. Et, c’est mon cœur qu’il me faut retourner pour sauvegarder la création, rien de moins. 

Rappelons-nous Yeshoua et ses grands disciples, comme saint François d’Assise, saint Séraphim de Sarov, saint Nectaire d’Egine, saint Silouane et tant d’autres, c’est parce qu’ils ont transfiguré leur cœur que tout, et la nature aussi, autour d’eux s’est transfiguré.

Si nous changeons notre cœur nous changerons nos pratiques à tous les niveaux, et au lieu de maudire nous bénirons, au lieu de détruire nous sauvegarderons la création, et même mieux, nous la transfigurerons. Alors nous serons fidèles à notre vocation, à cet appel que Dieu lance tout au long de la Bible, depuis le début du livre de la Genèse jusqu’à la dernière ligne du livre de l’Apocalypse.

                      Avec toute mon affection en Christ !

Père Pascal

 

Texte à méditer

Le chrétien est transparent à Dieu.

Si nous étions chrétiens, nous serions des hommes nouveaux,

et le monde entier serait illuminé par notre présence

parce que nous porterions en nous ce commencement d'absolu

qui est la Présence du Seigneur.

                Maurice Zundel (1897-1975), Un autre regard sur l'homme

 

Prière

Mon Dieu,

donne-moi un cœur pour t'aimer

et des yeux pour te voir;

donne-moi des oreilles pour entendre ta voix

et des lèvres pour parler de toi.

Donne-moi le goût pour t'apprécier,

l'odorat pour sentir ton parfum;

donne-moi des mains pour te toucher

et des pieds pour te suivre.

Sur la terre et dans le ciel je ne désire que toi, mon Dieu !

Tu es mon seul désir, ma consolation,

la fin de toutes angoisses et souffrances.

 Tikhon de Zadonsk (1724-1783)

 

En octobre vous pourrez vivre à Béthanie :

 

Retrouvailles fraternelles autour d’un chantier

Ce week-end est consacré à l’entretien matériel de Béthanie et à son embellissement à l’intérieur et à l’extérieur. Vos bras et votre enthousiasme seront donc les bienvenus. Merci d’entendre notre appel pour ces retrouvailles dans la prière, le travail, l’amitié et la Divine Liturgie. N’oubliez pas de nous avertir de votre venue.

Du samedi 8 (9h) au dimanche 9 octobre 2022 (16h30)

 

S’accorder au rythme des saisons

Session de semi-jeûne (jus de fruits et de légumes dilués) avec pratique du do-in, de la méditation silencieuse, de la psalmodie, de la marche et de la « découverte sensorielle » sur les sentiers des environs. Exposés accompagnateurs. Soirée partage avec chants, poésies, musique et sketches au gré des désirs de chacun (à prévoir avant la session !). Une préparation alimentaire est nécessaire : des propositions à cette fin vous seront envoyées quelques jours avant la session.

Du mercredi 19 (19h) au dimanche 23 octobre 2022 (14h)

 

Prière de Jésus – Prière du coeur :

   À la source de la méditation chrétienne

Perle précieuse de la Tradition hésychaste, transmise depuis les apôtres jusqu’à nos jours par les Pères du désert et les moines du mont Athos, la prière de Jésus est une voie royale pour aller vers la prière du coeur. Elle est un chemin de sanctification et de transfiguration de notre quotidien et nous ouvre au mystère de la Présence de Dieu en nous et en toutes créatures. Nous découvrirons ses sources historiques, sa signification spirituelle, les conditions de son épanouissement et surtout nous la mettrons en pratique.

Du vendredi 28 (9h) au lundi 31 octobre 2022 (14h30)

 

Atelier d’icônes

Cet atelier se veut une approche de l’icône par sa réalisation. Le mystère de l’icône n’est autre que celui du Christ lui-même : « Qui me voit, voit le Père ». Qui voit l’icône est mis en présence de celui, de celle ou de ce qu’elle représente. Celui qui peint une icône, dans la prière, à travers lignes et couleurs, se rend participant, acteur et témoin de cette épiphanie. Il n’est pas demandé de compétences particulières en matière de dessin ou de peinture, seulement des qualités telles que la patience et la persévérance.

Du vendredi 28 (9h30) au lundi 31 octobre 2022 (16h30)

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BETHANIE, Prieuré Notre-Dame et St-Thiébault, 57680 GORZE

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