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Publié par Centre Béthanie

La lettre de Béthanie n°183

Chers amis,

 

« Être sauvé, c’est être délivré

de son moi possessif, propriétaire et dévastateur. »

Maurice Zundel

 

Il ne s’agit pas de guérir le moi qui souffre, mais de guérir du moi qui est la cause de la souffrance. Il s’agit d’un chemin de déségocentration.

« L’homme souffre parce qu’il est un homme » disait Dürckheim et « sa plus grande souffrance, ajoutait-il, est d’être devenu étranger à lui-même. »

La question, que l’on est en droit de se poser, est : Qui est ce « lui-même ? »… Quand je parle de moi, de qui je parle ?

« Il y a au milieu de vous quelqu’un que vous ne connaissez pas… » dit saint Jean-Baptiste… De quelle connaissance s'agit-il ? Connaître ici, n’est pas de l’ordre du savoir, mais de l’ordre de la naissance. Naître à soi-même, c’est co-naître... naître avec… L’homme est un être doué de raison, et ainsi, il est capable de réfléchir sur le sens de sa vie et sur son identité. Qui suis-je ? Peut-être suis-je la réponse à cette question ! Peut-être que je crois que je suis ce que je pense que je suis… et alors je m’identifie à mes projections et au contenu de cette vie que je pense être… Comment co-naître ? c’est-à-dire comment s’éveiller à une réalité que Dürckheim appelle « la grande Vie », par opposition à ce qu’il appelle « la petite vie », qui est de l’ordre du vécu quotidien, quotidien dont la trame de fond est la triple détresse existentielle de la peur de mourir, de la peur de l’absurde, et de la peur de la solitude.

Cette triple détresse est le lit de tous nos problèmes et de notre « enfermement » quotidien, dans lequel nous pataugeons allègrement à la recherche de ce que Kierkegaard appelait « les petites éternités de jouissance ». Guérir de cette triple maladie, c’est retrouver la vie que « je suis » dans mon « être essentiel », retrouver le sens et l’ordre du vivant et ouvrir les yeux sur la beauté de la création dont je fais partie. Une première question que l’on peut se poser est la suivante : Quel rapport j’entretiens avec ce que j’appelle mon corps ? en vérité n'est-il pas l’expression incarnée de la vie que je suis dans sa totalité ? Je n’ai pas seulement une vie, je suis la Vie, une et indivisible.

Le Christ nous dit qu’Il est venu pour que nous ayons part à la Vie en « surabondance » et pour cela Il nous indique le chemin à suivre : « mort et résurrection », c’est-à-dire croix et passage vers la Lumière par cette même croix qui est l’arbre de vie planté au cœur de l’Eden. Cette croix nous invite à rejoindre la Lumière à chaque instant, dans la moindre de nos contrariétés et refus de ce qui est…

Observons combien de fois, j’exige de vivre « ma » vie, au lieu d’adhérer à la Vie telle qu’elle se présente à moi ici et maintenant. Cette résistance quasi permanente a sa fin dans le « burn-out » et la dépression.

Si l’Église nous propose une ascèse, elle ne peut être que celle de la vigilance. Cette vigilance n’est pas mentale seulement, mais elle est aussi corporelle. Elle s’inscrit dans notre chair au sens biblique, c’est-à-dire dans cet animal que nous sommes, capable de sentir et de ressentir la vitalité essentielle qui est à l’œuvre en chacun de nous pour que nous accomplissions le chemin qui est le nôtre et dont nous ignorons bien souvent la forme qu’il va prendre... Où va la vie ?... ma vie ?

Réponse : « Je ne sais pas ! »… mais j’écoute !

Premier commandement : « Shema Israël ! »

L’écoute au cœur de notre vie, « c’est la sensation qui s’invite » et qui met en veilleuse la sacro-sainte réflexion… L’intelligence qui nous guide s’adresse à notre cœur. Elle a besoin d’un « écoutant » qui soit enraciné dans sa terre intérieure, dans son Hara, son centre ventre et qui, le calme retrouvé, peut entendre la voix du bien aimé qui l’appelle : « Viens, et suis-moi ! ». Cette alliance dans cette source d’amour bannit la peur et engendre l’homme à lui-même, à l'être qu'il est en profondeur, à son moi profond. Je suis « corps vivant »… et je n’y suis pour rien ! « Ça respire, ça circule, ça marche, ça danse… ».

L’Esprit Saint est le maître du ballet et de l’harmonie cosmique. Je suis invité à participer à cette vie-là, et à « laisser les morts enterrer les morts »…

Belle et joyeuse contemplation dans les lumières de l’automne qui nous invitent à laisser tomber nos feuilles mortes.

Que l'Esprit saint nous inspire et nous guide !

Avec toute mon affection en Christ !

Père Francis

 

Texte à méditer

Je ne vois pas d’autre issue que chacun fasse un retour sur lui-même et extirpe et anéantisse en lui-même tout ce qu’il croit devoir anéantir chez les autres. Le moindre atome de haine que nous ajoutons à ce monde le rend plus inhospitalier qu’il n’est déjà.

Etty Hillesum

 

Prière

Je t'ai cherché, mon Dieu, autant que j'ai pu.

Autant que tu m'en as rendu capable, j'ai désiré voir avec les yeux de l'intelligence

ce que j'avais d'abord cru ; j'ai longuement discuté et beaucoup travaillé ;

Seigneur, mon Dieu, mon unique espérance, exauce -moi.

Fais qu'aucune fatigue ne m'empêche de te chercher ;

fais, au contraire, qu'avec plus d'ardeur, je cherche toujours ta face.

Donne-moi la force de te chercher,

toi qui m'as fait te trouver et qui m'as donné l'espoir de te trouver toujours davantage.

Devant toi sont ma force et ma faiblesse : affermis l'une et guéris l'autre.

Devant toi sont ma science et mon ignorance :

là où tu as ouvert, laisse-moi entrer ; là où tu as fermé, je frappe, ouvre-moi.

Que je me souvienne de toi, que je te comprenne, que je t'aime !

Augmente ces trois dons en moi, en attendant que tu m'aies entièrement changé.

Saint Augustin, De la Trinité

 

En octobre-novembre vous pourrez vivre à Béthanie :

 

Prière de Jésus – Prière du cœur :

à la source de la méditation chrétienne

Perle précieuse de la Tradition hésychaste, transmise depuis les apôtres jusqu’à nos jours par les Pères du désert et les moines du mont Athos, la prière de Jésus est une voie royale pour aller vers la prière du cœur. Elle est un chemin de sanctification et de transfiguration de notre quotidien et nous ouvre au mystère de la Présence de Dieu en nous et en toutes créatures. Nous découvrirons ses sources historiques, sa signification spirituelle, les conditions de son épanouissement et surtout nous la mettrons en pratique.

Du jeudi 28 (9h) au dimanche 31 octobre 2021 (14h30)

 

Lectio divina : Amour et contemplation de l’Écriture sainte

La Bible, image de Dieu, est corps, âme et esprit. Son corpus est une étoffe complexe, aux nuances étonnamment variées, et où l’histoire sainte révèle celle du lecteur. L’âme de la Bible, mélange de beauté, de force et de sagesse divines, ne se révèle qu’en révélant la nôtre. Son esprit, insondable, n’est que prière… Après une introduction générale à la littérature biblique et à l’art d’interprétation, la méditation, l’écoute profonde et la liturgie nous guideront vers cet « oubli de soi » propre à la lectio divina, lecture traditionnelle des saintes Écritures, transparente au regard de Dieu.

Du samedi 6 (9h) au dimanche 7 novembre 2021 (16h30)

 

Sortir de notre Égypte intérieure, pour faire naître l’enfant divin en nous : selon l’enseignement d’Annick de Souzenelle

Nous vivons aujourd’hui une période mouvementée où nos certitudes sont mises à mal. Les murailles tombent, la parole se libère, le féminin s’exprime avec force, la vérité d’hier est remise en question, le coronavirus bouscule notre vie, nos relations, notre économie… Cherchant du sens à ces événements, nous découvrirons les lois ontologiques qui président à nos vies en revisitant l’épisode biblique des dix « plaies » d’Égypte. Les mots hébreux convoqués lors de ce travail, riches de la symbolique vivifiante de leurs lettres, nous ouvriront des sens de compréhension nouveaux pour appréhender les épreuves de notre vie et celles du collectif. Pour orienter nos vies dans cette période troublée, écoutons ce que l’Esprit veut nous dire !

Du samedi 20 (9h) au dimanche 21 novembre 2021 (16h30)

 

La place des anges dans notre vie : 

retraite de l’Avent pour préparer Noël

Le soir de la Nativité du Christ, à Bethléem, un ange instruisit les bergers et une foule nombreuse de l’armée céleste se joignit à lui pour louer Dieu : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux… » Qui sont ces personnages habituellement invisibles et qui interviennent parfois dans nos vies ? Qu’en dit la Bible, la Tradition des Pères et la liturgie ? Dans le cadre de cette retraite où nous ferons de la place à la prière, au jeûne et au silence, à la méditation des textes bibliques, au chant et au travail corporel, nous essaierons de nous approcher de ce monde invisible et pourtant tellement présent et de trouver leur place dans notre vie.

Du vendredi 26 (19h) au dimanche 28 novembre 2021 (16h30)

 

Pour être tenu au courant de nos activités et recevoir la lettre de Béthanie gratuitement chaque mois par internet, envoyez votre e-mail à contact@centre-bethanie.org et si vous ne disposez pas d’internet nous vous enverrons la lettre par courrier mais pour ce faire, merci de nous adresser des enveloppes timbrées libellées à votre adresse.

 

BETHANIE, Prieuré Notre-Dame et St-Thiébault, 57680 GORZE

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