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Publié par Centre Béthanie

Lettre de Béthanie n°161 - Mars 2019

 

Chers amis,

 

 

 Nous sommes au mitan du carême. Une question se pose pour chacun d’entre nous. Que s’est-il passé jusqu’ici pendant ce début de carême ? Avons-nous eu l’attitude du Fils prodigue ?

 

Cette parabole si connue (Luc 15. 11 à 32) est un chef d’œuvre littéraire mais elle est aussi la quintessence de la démarche du carême. Tout d’abord, elle nous décrit notre réalité spirituelle. Nous avons pris notre héritage, notre vie, et nous avons quitté le Père, nous avons quitté notre source. En prendre conscience est la première chose à faire. Comment l’avons-nous quitté concrètement ? Avoir un regard clair sur notre vie dans le détail concret du quotidien est ici tout à fait essentiel.

 

Ensuite regardons l’attitude du Père. Ce Père qui regarde son fils partir, avait sans doute l’autorité de l’obliger à rester, ne serait-ce qu’en ne lui donnant pas sa part d’héritage puisqu’il savait qu’il allait la dilapider. Il aurait pu lui dire : « mon fils, ça suffit maintenant tes conneries, tu rentres à la maison. On verra plus tard, quand tu auras grandi, que tu seras capable de gérer cette fortune, quand tu seras devenu « raisonnable ». »

 

Mais au lieu de cela, ce Père respecte son fils. Il sait que ce fils doit grandir et qu’il ne peut pas grandir par la force et la contrainte. Il sait qu’il doit faire son expérience. Il sait qu’Il faut qu’il passe par cette fausse liberté, cette impression de liberté, pour découvrir et prendre conscience de la véritable liberté. C’est ainsi que Dieu agit envers nous. Il ne nous contraint pas ! Il nous laisse vivre en toute liberté !

 

Après on imagine bien ce Père qui veille de loin et qui attend l’éventuel retour, qui tremble que son fils souffre, voire en meure et ne revienne jamais, mais qui, malgré tout, a assez d’amour désintéressé pour son fils et de sens du sacrifice de lui-même, pour lui permettre d’aller au bout de son expérience, au bout de son chemin de liberté, au bout de lui-même, au bout de son chemin de croissance.

 

Si l’on prend conscience de cette attitude de Dieu envers nous et qu’on la contemple, va alors monter en nous un élan d’amour, une grande gratitude, quelque chose qu’on peut appeler le « repentir ». C’est cela qui provoque cette décision du fils prodigue se levant et allant vers son père. Il sait qu’il n’est pas digne mais il met toute sa confiance dans l’immense amour du père dont il vient de prendre conscience.

 

Et quand il revient, quand je reviens vers mon Père, même dans un pitoyable état, c’est la joie ! N’y-a-t-il pas « plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de se repentir » ? Effectivement ce Père est tellement libre qu’il ne se drape pas dans sa dignité, qu’il n’attend pas son fils du haut de son expérience et qu’il ne lui dit pas : « je te l’avais bien dit, si tu m’avais écouté, tout ça ne serait pas arrivé ! ». Non ! « Le voyant de loin, il se précipite, il se jette à son cou et le couvre de baiser ».

 

Nous avons là une magnifique expression de la grande liberté du pardon, du pardon sans condition, ni avant, ni pendant, ni après. Il faut vraiment être libre de tout et surtout de soi-même pour pouvoir pardonner ainsi.

 

Reste le fils aîné ! Celui que nous sommes souvent ! Coincé dans ses préjugés, coincé par son ego, coincé dans un rapport à son père il n’y a de place chez lui ni pour la liberté, ni pour l’amour. Il dit à son Père : « Voici des années que je te sers » et certains traduisent : « Voici des années que je te suis asservi et jamais je n’ai transgressé un seul de tes ordres. ».

 

Sa pensée est faite de devoir, d’ordre, de fidélité, toute chose qui sont bonnes, si on les féconde par l’amour et la liberté, mais qui deviennent mortifères sans amour et sans liberté. Lui, il n’est pas libre, il est coincé par la colère, par ce feu qui se retourne contre lui et le dévore. Ah ! S’il pouvait pardonner, s’il pouvait accéder à la grande liberté du pardon à l‘image de son Père, tout serait possible pour lui aussi.

 

C’est-ce que je nous souhaite, en ce temps de retournement, car, dans toute cette histoire, dans chacun de ces personnages, il s’agit bien de nous et de nous seul, de notre rapport à la vraie liberté, celle qui voit clair à son propos, qui est capable de décisions et d’actions, mais qui aussi prend patience, qui accompagne en toutes circonstances, qui accueille et ne juge pas, qui pardonne et se pardonne car elle est amour.

 

 

Je vous dis toute mon amitié en Christ, à bientôt !

 

                     Père Pascal

 

 

Prière

 

 

Seigneur, ne nous traite pas selon les péchés que nous avons commis, et ne nous rends pas selon nos iniquités ! Seigneur, ne garde point le souvenir de nos iniquités passées ! Hâte-Toi, répands sur nous ta miséricorde, car notre misère est grande. Aide-nous, ô Dieu notre Sauveur, et pour la Gloire de Ton Nom, délivre-nous, Seigneur, et pardonne-nous nos péchés, pour la Gloire de Ton Nom.

 

Trait de la liturgie de carême

 

 

 

Texte à méditer

 

Ce n'est pas un adversaire extérieur à nous que nous avons à redouter : L'ennemi est en nous, il mène quotidiennement contre nous une guerre intérieure. Lui, vaincu, toutes les oppositions venant de l'extérieur seront sans force; tout sera pacifié et soumis en celui qui est soldat du Christ. Il n'y a plus à craindre un adversaire ... si à l'intérieur l'ennemi est vaincu et soumis à l'esprit.

 

Saint Jean Cassien (Ve s.)

 

 

 

En mars et avril 2019

vous pourrez vivre à Béthanie

                                            

 

 

RenCONTRE Avec Bertrand VERGELY

Le symbole et l’énergie

 

Maxime le Confesseur, Grégoire Palamas, deux grands noms de la tradition orthodoxe en qui se condense toute sa théologie. Et, à travers ce souffle théologique, deux éléments capitaux afin de s’ouvrir au souffle de la foi, du mystère et du Christ : le symbole et l’énergie. Le symbole développé par Maxime avec sa vision du visible comme icône de l’invisible, l’énergie développée par Grégoire où Dieu se fait accessible sans cesser pour autant d’être Dieu, c’est-à-dire au-delà de tout. Dieu qui est au-delà de tout est au cœur de tout. S’ouvrir au symbole ainsi qu’à l’énergie c’est s’ouvrir à cette révolution du réel. C’est s’ouvrir à cette révolution du regard. C’est commencer à voir.

 

Du 23 mars (9h) au 24 mars 2019 (16h30)

 

 

CONCERT

Oratorio des trois jours de la Passion de Maxime Kovalevsky

 

Concert de chant orthodoxe en langue française avec les chœurs de la cathédrale orthodoxe Saint-Irénée (Paris) et de Béthanie (Gorze) dirigés par Bruno Houver, maître de chapelle de la cathédrale Saint-Irénée.

 

Le 31 mars à 15h

      

 

S’accorder au rythme des saisons

 

Session de semi-jeûne (jus de fruits et de légumes dilués) avec pratique du do-in, de la méditation silencieuse, de la psalmodie, de la marche et de la « découverte sensorielle » sur les sentiers des environs. Exposés accompagnateurs. Soirée festive avec chants, poésies, musique et sketches au gré des désirs de chacun (à prévoir avant la session !). Une préparation alimentaire est nécessaire : des propositions à cette fin vous seront envoyées quelques jours avant la session.

 

Du 3 avril (19h) au 7 avril 2019 (14h)    

  

 

Semaine sainte et nuit Pascale

 

De l’onction à Béthanie (mercredi saint) au matin de Pâques, nous mettons nos pas dans ceux de Jésus pour Le suivre à travers sa passion et sa mort jusqu’à sa résurrection. Jours de jeûne.

 

Du 17 avril (18h) au 21 avril 2019 (14h)

           

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