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Publié par Centre Béthanie

Lettre de Béthanie n°160 - Février 2019

Gorze, février 2019

 

 

« Par l'adhérence, le Père fait habiter le Messie en vos cœurs,  

Soyez enracinés et fondés dans l'amour. » 

St Paul aux Ephésiens 3;17

 

 

 

Chers amis,

 

Où est l'essentiel dans notre vie ?

 

Où est notre conscience des principes, des archétypes, des raisons d'être. Cette conscience émerge de l'être essentiel et non du moi existentiel. Les sources de nos certitudes transcendantes sont des données innées, consubstantielles à l'être essentiel c'est à dire à l'esprit en nous, mais en fait oubliées depuis la « perte du paradis. » Aussi la véritable connaissance n'est rien d'autre qu'un « ressouvenir » et celui-ci est un don, le plus souvent actualisé par les disciplines ascétiques.

 

« L'ascèse est un travail que l'homme fait sur lui-même, pour arriver finalement à une condition d'être, grâce à laquelle, en lui, éclate la plénitude de l'Être. » Saint Thomas d'Aquin.

 

Connaître, c'est être et être c'est aimer. La connaissance est amour et l'amour est connaissance. Le rationalisme, au sens large, est la négation même du « ressouvenir » : il consiste à chercher des éléments de certitude dans les phénomènes et non dans notre être même.  La raison est un élément important de notre âme et son fonctionnement est généralement fondé sur la pensée du « donc » cartésien : « Je pense donc je suis. »  On entend signifier une preuve qui n'est pas une connaissance mais une déduction. Il serait plus juste de dire : « Je suis parce que l'Être est ! »... Notre certitude d'exister est impossible sans l'Être absolu qui est la source de tout, et de notre existence et de notre certitude. Cette source est en nous... Être et conscience ne font qu'un. « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les dieux. »

 

La connaissance implique un retournement, une ascèse, une volonté, une décision et tout cela nous engage dans le chemin de notre vocation et de notre devoir. Connaître pleinement en nous engageant librement pour aimer dignement. Nous connaissons pleinement dans la mesure où cette connaissance a pour objet ce qui est le plus essentiel et partant le plus réel. La volonté est libre dans la mesure où elle vise ce qui est le plus essentiel ou juste en nous, et par conséquent, nous libère de notre volonté propre : Quand Sa volonté est faite, « je suis. »

 

La dignité dans l'acte d'aimer s'enracine dans la profondeur de la connaissance du sujet, autant que dans le respect de l'objet aimé, qui se révèle en fonction de notre sens du sacré. Le mensonge de notre monde est celui qui s'enracine dans la genèse biblique par l'attrait d'une connaissance extérieure, sans goûter et sans se nourrir d'abord de l'arbre de vie : « Chercher d'abord le royaume des cieux... »

 

Cette perversion est proprement ce qu'on appelle le péché. C'est la raison pour laquelle nous avons besoin d'une conversion. L'homme « pécheur » peut faire preuve d’un extrême habilité mentale, qui va de pair avec une superficialité spirituelle non moins excessive. On touche à tout, et on n’assimile rien. L'homme agit en surface, il perd le sens du repos et de la contemplation, et vivant d'écorces, il ne sait plus ce qu'est un fruit.

 

« Goûter et voyez combien le Seigneur est doux. » Goûter, sentir, voir, entendre, toucher : tous nos sens sont des portes d'accès à la connaissance et cette connaissance se vérifie dans sa justesse par la « joie qui demeure ».

 

« Il faut que nous fassions chaque jour notre provision de joie, sous la forme qui constitue la joie la plus haute et la plus pure, sous la forme de l'émerveillement.  Il est donc de première nécessité que chaque jour, nous donnions un moment pour regarder, pour écouter, pour admirer, pour nous reposer, pour nous recréer dans cette Présence bien aimée dont la joie ne s'épuise pas. » Maurice ZUNDEL.

 

Je vous dis toute mon amitié en Christ, à bientôt !

 

                     Père Francis

 

Prière

 

Mon Dieu, donne-moi un cœur pour t'aimer

et des yeux pour te voir.

Donne-moi des oreilles pour entendre ta voix

et des lèvres pour parler de toi.

Donne-moi le goût pour t'apprécier,

l'odorat pour sentir ton parfum.

Donne-moi des mains pour te toucher

et des pieds pour te suivre.

Sur la terre et dans le ciel je ne désire que toi, mon Dieu !

Tu es mon seul désir, ma consolation, la fin de toutes angoisses et souffrances.

 

Tikhon de Zadonsk, moine russe (1724-1783)

 

 

Texte à méditer

 

Tard je t’ai aimée, ô Beauté si ancienne et si nouvelle, tard je t’ai aimée ! Mais quoi ! Tu étais au-dedans de moi, et j’étais, moi, en dehors de moi-même ! Et c’est au-dehors que je te cherchais; je me ruais, dans ma laideur, sur la grâce de tes créatures. Tu étais avec moi, et je n’étais pas avec toi, retenu loin de toi par ces choses qui ne seraient pas, si elles n’étaient en toi.

Saint Augustin (354-430)

 

 

 

En février et mars 2019

vous pourrez vivre à Béthanie

                                            

 

le symbolisme de l’OISEAU

 

On raconte qu’un saint moine fut un jour interpellé par le chant d’un très bel oiseau, et que l’écoute se changea en extase. De retour au monastère, le moine ne reconnut pas ses frères, car plus de cent ans s’étaient écoulés… Cette légende médiévale illustre comme beaucoup d’autres ce lien mystérieux unissant les oiseaux du ciel à l’âme humaine tournée vers l’Esprit. Partant des récits bibliques les plus significatifs et de quelques témoignages traditionnels, nous tendrons l’oreille au chant de Celui qui tant de fois a voulu rassembler les enfants de Jérusalem, « comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes… » (Lc 13.34, Mt 23.37). La conférence et les échanges seront accompagnés d’exercices corporels (qi gong).

 

Le 22 février 2019 de 14h à 18h       

                                

 

CALLIGRAPHIE ET ENLUMINURE :

Les oiseaux, nos compagnons de paradis

 

Les oiseaux gardent parmi nous quelque chose du chant de la création, dit le poète. Symbole des relations entre la terre et le ciel, ils représentent notre part spirituelle. Associés à l'air et à l'âme, ils nous libèrent de toute pesanteur. En nous ouvrant à cette dimension de liberté, ils viendront nous inspirer des calligraphies et des illustrations qui nous feront entrer dans la louange. Session ouverte à ceux qui débutent la calligraphie et l'enluminure comme aux plus confirmés. Nous ferons l'expérience du souffle et de la Sagesse du corps au cours de notre pratique.

 

Du 23 février (9h) au 24 février 2019 (17h)        

 

 

RENCONTRE AVEC IEGOR REZNIKOFF

Résonance sonore dans le corps et chant contemplatif

 

Travail sur la résonance sonore dans le corps : perception fine des vibrations, conscience sonore approfondie, écoute et émission des sons harmoniques, intonation naturelle (non tempérée). Sur cette base, on entreprendra deux ou trois chants du répertoire contemplatif antique qui sont aussi des prières et on travaillera la Prière du saint Nom chantée. Ce cours donne les fondements profonds du chant sacré et liturgique mais aussi les bases de la thérapie par le son. Il est ouvert à ceux qui n'ont jamais chanté, comme aux musiciens et chanteurs professionnels.

 

Du 23 février (9h) au 24 février 2019 (16h30)

 

 

RenCONTRE Avec Bertrand VERGELY

Le symbole et l’énergie

Maxime le Confesseur, Grégoire Palamas, deux grands noms de la tradition orthodoxe en qui se condense toute sa théologie. Et, à travers ce souffle théologique, deux éléments capitaux afin de s’ouvrir au souffle de la foi, du mystère et du Christ : le symbole et l’énergie. Le symbole développé par Maxime avec sa vision du visible comme icône de l’invisible, l’énergie développée par Grégoire où Dieu se fait accessible sans cesser pour autant d’être Dieu, c’est-à-dire au-delà de tout. Dieu qui est au-delà de tout est au cœur de tout. S’ouvrir au symbole ainsi qu’à l’énergie c’est s’ouvrir à cette révolution du réel. C’est s’ouvrir à cette révolution du regard. C’est commencer à voir.

 

Du 23 mars (9h) au 24 mars 2019 (16h30)

 

 

Retrouver l’élan du désir et la joie de vivre

Retraite du Grand Carême

 

Nos sociétés, marquées par l’instabilité, la dispersion, l’incapacité de tenir des engagements, la perte de sens et la désespérance, souffrent en réalité de ce que la Tradition des Pères du désert appelle l’acédie. Pour en guérir, nous sommes appelés à redécouvrir la saveur de Dieu, l’élan du désir, la persévérance et la fidélité qui conduisent à la vraie joie. En ce sens nous poserons un regard clair sur nous-mêmes et utiliserons les grands remèdes de la Tradition chrétienne : la psalmodie, la méditation, le jeûne, le silence, la contemplation des textes sacrés et le travail corporel.

 

Du 8 mars (19h) au 10 mars 2019 (16h30)   

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