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Publié par Centre Béthanie

La lettre de Béthanie N°145 - Septembre/octobre 2017

Chers Amis,

 

Le 4 octobre nous fêtons saint François d'Assise. Or il se trouve que saint François est le saint occidental le plus populaire, le plus aimé dans l'Orthodoxie. Ce n'est pas moi qui le dit, mais le théologien orthodoxe Olivier Clément.

 

En effet, de grands intellectuels russes ont fait le pèlerinage d'Assise. Parmi eux, le philosophe Nicolas Berdaïev a écrit quelques années plus tard : « La vie de François représente le fait le plus important de l'histoire du christianisme après la vie même de Jésus Christ. » Plus près de nous, Vladimir Lossky, le plus rigoureux des théologiens orthodoxes contemporains, vénérait saint François et le tenait comme l'un de ses intercesseurs et Nikita Struve, historien de l'Eglise russe au XXe siècle, réclamait, il y a quelques années, que la sainteté de François d'Assise soit « ouvertement » reconnue par l'Eglise orthodoxe.

 

Dans le monde grec, Nikos Kazantzakis lui consacra un beau livre : « Le Pauvre de Dieu », et du fait de l'occupation vénitienne en Crète on peut voir des représentations de saint François sur les fresques des églises au même plan que les saints grecs ! Aussi je me suis posé la question : qu'est-ce qui fait cette résonance, cette ouverture entre saint François, sa spiritualité, et l'orthodoxie ?

 

A la réflexion, on peut trouver, à distance dans l’espace et le temps bien sûr, une vraie parenté spirituelle et historique entre, par exemple saint Séraphim de Sarov et saint François. Historiquement, s’ils ont vécu pourtant à six siècles de distance, on remarque que chacun a vécu dans une société s'éveillant à une certaine modernité marchande. Chacun est fils de marchand et exerce un temps la profession de son père. A l'horizon de grands bouleversements se profilent, en occident les hérésies et l'inquisition, la Renaissance et l'esprit des lumières qui débouchera sur un monde athée et en Russie, la révolution bolchevique.

 

Spirituellement, tous deux, ont pourtant témoigné contre l'argent roi et pour la pauvreté évangélique. Ils ont quitté leur milieu, l'un pour le monastère, l'autre pour l'errance, avant pour saint Séraphim de quitter le monastère pour s'enfoncer dans la solitude de la forêt de Sarov et pour saint François de partir dans la profonde forêt de l'Alverne. Par la suite ils reviendront vers le monde, mais alors dépossédés d'eux-mêmes, comme des Pères et des Frères universels.

 

Tous deux ont affirmé hautement la primauté de l'expérience spirituelle sur le pouvoir du mental, de la raison, de la théologie d'école. Tous deux aussi ont mis l'accent sur l'humanité de Jésus pour rétablir un équilibre entre le divin et l'humain face à la perception d'un Dieu trop transcendant, trop éloigné de l'homme qu'avait l'Eglise de leur temps. Saint Séraphim recrée dans sa forêt la Terre Sainte en nommant chaque lieu : Nazareth, Bethléem, Gethsémani, Jérusalem etc. François, lui, invente la crèche de Noël. C'est la même démarche amoureuse, qui cherche à réchauffer le cœur, qui cherche à entrer dans l'intimité de Jésus.

 

Tous deux ont aussi une relation rare avec tout le cosmos. Un ours pour saint Séraphim, un loup pour saint François, et n'oublions pas le Cantique des créatures et tant d'autres choses dans les détails de leurs vies, qui font d'eux des prêtres de la liturgie cosmique, de la grande célébration des êtres et des choses, qui font d'eux des contemplatifs de la nature, et des hommes de la Transfiguration.

 

Tous deux, aussi, sont des transfigurés. Il ne faut pas opposer les stigmates de François à la lumière thaborique de Séraphim, car les stigmates de saint François sont transfigurants, et je ne joue pas sur les mots, car c'est un séraphim crucifié avec six ailes de « feu », qui, dans un moment fulgurant, envoya cinq rayons de lumière et de feu sur François en prière. Enfin, n'oublions pas, le crucifix de saint Damien, aujourd’hui si répandu, qui parla à François et lui dit : « Rebâtis mon Eglise », le mettant véritablement, en route sur son chemin.

 

Ce crucifix est, ni plus ni moins, une icône, avec un Christ en croix transfiguré, les yeux grands ouverts et dans une posture, non de condamné à mort, mais de célébrant de l'unique liturgie. C'est ce crucifix que contempla tellement saint François qu'Il lui parla ! Le sens de cette icône, qui imprégna tant François, c'est de nous faire prendre conscience que tout homme, si banal, si ténébreux soit-il, est à l'image de Dieu et va vers la ressemblance, vers la transparence, vers la lumière divine, vers la Transfiguration.

 

Et puis, sommet de cette rencontre entre l'orthodoxie et saint François, il y a la joie ! Saint Séraphim salue chacun en lui disant : « ma joie ! » et pour saint François tout est joie ! Nous sommes donc véritablement face à un patrimoine commun de l'Eglise indivise et c'est là que l'on doit chercher la convergence entre saint François et l'orthodoxie. Si la force du message de saint François est telle qu'il est toujours aussi vivant et aussi jeune aujourd'hui comme au 13e siècle, c'est qu'il plonge dans l' Evangile et dans le trésor de l' Eglise indivise. C'est qu'il n'est pas dans les pensées ou les concepts mais véritablement dans l'expérience spirituelle, dans l'expérience de la mort et de la résurrection du Christ.

 

          Je vous dis toute mon amitié en Christ, à bientôt !

 

        Père Pascal

Prière

 

Seigneur, dans le silence de ce jour naissant, je viens vous demander la paix, la sagesse et la force. Je veux regarder aujourd'hui le monde avec des yeux remplis d'amour ; être patient, compréhensif, doux et sage ; voir vos enfants au-delà des apparences, comme vous les voyez vous-même, et ainsi, ne voir que le bien en chacun. Fermez mes oreilles à toute calomnie, gardez ma langue de toute malveillance et que seules les pensées qui bénissent demeurent en mon esprit. Que je sois si bienveillant et si joyeux que tous ceux qui m'approchent sentent votre puissance et votre présence. Revêtez-moi de votre beauté, Seigneur, et qu'au long du jour je vous révèle. Ainsi soit-il.


Prière du Matin de saint François d'Assise (1182-1226)

 

 

Texte à méditer

 

Peut-on ne pas se réjouir en voyant, avec nos yeux de chair, le soleil ? D'autant plus grande est notre joie quand notre esprit, avec l'oeil intérieur, voit le Christ, Soleil de Justice. Nous partageons alors la joie des anges.

 

Saint Séraphim de Sarov, moine. (1759-1833)

En octobre vous pourrez vivre à Béthanie

             

 

• Retrouvailles fraternelles autour d’un chantier

 

Ce week-end sera consacré à l’entretien matériel de Béthanie et à son embellissement à l’intérieur et à l’extérieur. Vos bras et votre enthousiasme seront donc les bienvenus. Merci d’entendre notre appel pour ces retrouvailles dans la prière, le travail, l’amitié et la Divine Liturgie. N’oubliez pas de nous avertir de votre venue.

 

Du 7 octobre (9h) au 8 octobre 2017 (16h30)

 

Symbolisme et calligraphie des lettres hébraïques

selon l’enseignement d’Annick DE SOUZENELLE

 

Icônes du Verbe de Dieu, les lettres hébraïques impriment aux mots l’énergie de leur modèle, l’énergie du Verbe qui sculpte, cisèle et informe le corps de la création et donc aussi chacun d’entre nous. Quelle est donc l’information délivrée par ces lettres, outils de Dieu ? De Aleph à Yod, ces lettres archétypielles, les dix premières lettres de l’alphabet hébraïque, vont nous mener sur le chemin de notre Nom, participant du NOM. Et ce chemin est Chemin de Vie. Pour incarner et vibrer aux énergies des lettres, aux temps d’enseignement succéderont des temps de méditation et des temps de calligraphie. Le matériel de calligraphie sera mis à votre disposition. Aucune connaissance de l’hébreu n’est requise.

 

Du 21 octobre (9h) au 22 octobre 2017 (16h30)

 

Session animée pour la symbolique et la calligraphie par Daniel SEDLBAUER, membre du réseau ARIGAH (Tissage) initié et présidé par Annick DE SOUZENELLE, qui vise à faire connaître et transmettre son travail, et Noëlle son épouse, animatrice d’un groupe de la Communauté Mondiale pour la Méditation Chrétienne, qui assurera la méditation.

 

Danse en cercle, danse sacrée, danse mandala

 

Les figures circulaires et centrées sont naturellement présentes au cœur du vivant, de nos cellules jusqu’aux systèmes célestes. De tous temps et dans de nombreuses traditions, les êtres humains ont créé des formes circulaires et centrées : picturales, dansées, chantées, architecturales. Elles représentent l’être humain en correspondance avec l’univers dans un mouvement de transformation. Nous danserons en cercle, nos pieds et nos corps dessinant des figures sur le sol et dans l’espace. Harmonisant le corps, l’âme et l’esprit, ces danses créent une profonde communion entre nous et célèbrent la Vie. Les mouvements lents et coordonnés produisent une expérience de relaxation profonde et nous aident à intégrer la Présence dans les différentes circonstances de notre vie.

 

Du 21 octobre (9h) au 22 octobre 2017 (16h30)

 

Sous la conduite de Johannes QUINTENS, danseur, ancien membre de troupes de danses folkloriques et de danse contemporaine, animateur de stage.

 

 

Approche pour la création d’une icône

 

« Le secret de l’iconographe n’est pas dans ses pigments, mais en lui, dans l’énergie qui traverse le pinceau et qui, dans une simple ligne, révèle deux mondes, le Ciel et la terre. L’iconographe participe à la création. En écoutant Dieu, il féconde le monde. » (frère Jean) Cet atelier se veut une approche de l’icône par sa réalisation. Le mystère de l’icône n’est autre que celui du Christ lui-même : « qui me voit, voit le Père ». Qui voit l’icône est mis en présence de celui, de celle ou de ce qu’elle représente. Celui qui peint une icône, dans la prière, à travers lignes et couleurs, se rend participant, acteur et témoin de cette épiphanie. Il n’est pas demandé de compétences particulières en matière de dessin ou de peinture, seulement des qualités telles que la patience et la persévérance.

 

Du 29 octobre (9h30) au 1er novembre 2017 (16h30)

 

Sous la conduite d’Agnès GLICHITCH, iconographe, formée à Paris à partir de 1981 par Georges DROBOT, et docteure en Histoire de l’Art.

 

 

• Le livre d’Isaïe dans la Sainte Écriture et la Liturgie

 

Isaïe est le prophète par excellence, tant pour la théologie et la spiritualité qu’il manifeste, que pour la forme littéraire (et pédagogique) de ses poèmes. L’importance de ce livre se trouve confirmée par le Christ Lui-même, puisque c’est le prophète qu’Il cite le plus fréquemment dans les Évangiles. Nous rencontrerons ce prophète à travers sa vie, sa théologie, sa langue, sa poésie et nous verrons l’emploi qu’en font le Nouveau Testament et la liturgie chrétienne. Apporter une Bible.

 

Du 31 octobre (9h) au 1er novembre 2017 (12h) (Participation libre)

 

Mgr GRÉGOIRE, moine, évêque de l’Église orthodoxe des Gaules, traducteur du Nouveau Testament, du Psautier et du livre d’Isaïe, professeur d’Écriture Sainte.

 

Brèves nouvelles de la communauté

 

 

- Les 6 et 7 mai, les amis de Béthanie se sont succédés et relayés tout au long du WE pour nettoyer, désherber, tailler, planter, couper, tronçonner, brûler, construire, peindre, réparer, dépanner ... et passer de bons moments autour des succulents plats concoctés à la cuisine pour tous ces travailleurs affamés.

 

- Les 28-29 mai, réunion à Béthanie de la Communion des Eglises orthodoxes occidentales : évêques, clergé et fidèles sont venus de toute la France, de la Belgique, de la Suisse et même du Brésil… pour deux jours de partage, d’enseignement, de fraternité et de célébration.

 

- Le lundi de Pentecôte, une trentaine de fidèles des paroisses orthodoxes de Gorze, de Nancy et d'amis de Béthanie sont allés en pèlerinage à Domrémy-la-Pucelle, village natal de sainte Jeanne d'Arc. Visite, prières et chants en l'honneur de la sainte de Lorraine à la Chapelle Notre-Dame de Bermont où Jeanne venait prier, à sa maison natale, à l’église du village où elle a été baptisée et à la basilique du Bois Chenu qui domine un paysage lorrain magnifique.

 

- Le 17 juin, père Pascal, Carole et sœur Barbara vont célébrer la divine liturgie pour les fidèles orthodoxes et les amis de Béthanie en Alsace à Andolsheim près de Colmar.

 

- Les 24 et 25 juin, Béthanie accueille un nouveau conférencier en la personne du philosophe messin Martin Steffens. Une belle rencontre que nous renouvellerons les 16 et 17 juin 2018.

 

- Le 2 juillet, fête patronale de saint Thiébault à l’occasion de laquelle Benjamin Barret, membre de la communauté, est ordonné sous-diacre.

 

- Du 8 au 10 juillet, la communauté accueille  le chef de chœur anglais Stephen Rainbird pour un stage de chant liturgique. Les membres du chœur de la paroisse de Gorze sont rejoints à cette occasion par des chantres des paroisses de Nancy et de Bruxelles.

 

- Le 6 août, jour de la fête de la Transfiguration, concert ouvert à tous de Jean David, chanteur, conteur et musicien juif sépharade, pour clôturer la session de Mgr Martin.

 

- Pendant tout le mois d’août nous accueillons, à la demande de l’association jésuite d’accueil des migrants Welcome, Bamba, jeune sans asile ivoirien de 19 ans.

 

- Le 15 août, notre ami saharien et soufi, Abdel Kader, fait une initiation à la fabrication du pain du Sahara, cuit sur le sable, auprès des enfants présents pour la fête de la Dormition.

 

- Fin août nous apprenons une bonne nouvelle : nos amis albanais Fathbarth et Souwella obtiennent enfin leur permis de séjour. Nous nous en réjouissons tous !

 

- Du 23 au 28 août, accueil d'une bonne soixantaine de personnes de la Fraternité du Serviteur Souffrant venant de Suisse, d'Italie, de Belgique et même du Brésil. Le thème de la session était " j'étais étranger et vous m'avez accueilli " rencontres, témoignages, exposés sur les questions d'immigration, temps de prière et de partages fraternels.

 

- Du 25 au 27 août, père Pascal et Carole suivent au monastère Saint-Michel du Var une session avec le père Jean Séraphin (Jean-Yves Leloup) sur l’enseignement de saint Jean Cassien. Ils profitent de leur présence dans la région pour rencontrer et concélébrer avec Mgr Martin, père Jean Séraphin et père Pacôme au monastère et avec père Pierre Colombani à la paroisse de Sanary (Toulon)

 

- Les 2 et 3 septembre, Père Francis, Madeleine et sœur Barbara animent en Belgique une session sur le Hara organisée par la paroisse orthodoxe de Lillois.

                                     

 

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BETHANIE, Prieuré Notre-Dame et St-Thiébault, 57680 GORZE

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