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Publié par Centre Béthanie

Lettre de Béthanie n°138
 

Gorze, novembre 2016


Chers Amis,

« Que cherchez-vous ? » est la première parole du Christ dans l’évangile selon saint Jean. Si c’est sa première parole, elle doit être très importante ! Les deux disciples lui répondent alors : « Maître, où demeures-tu ? » et Il leur dit : « Venez et voyez ». « Ils vinrent donc et ils virent où Il demeure, et ils demeurèrent chez Lui ».

Cette première parole est à la fois un chemin et un programme. C’est un fil rouge à suivre que le Christ nous propose. Venir, voir et demeurez chez Lui, avec Lui. C’est ce que nous propose ce temps de l’Avent : essayer de demeurer dans la prière personnelle, intime, dans le cœur, dans la prière liturgique, commune, dans le temple, et puis essayer aussi de garder la Parole même de Yeshoua, comme Marie la gardait dans son cœur, car cette parole nous le rend très concrètement présent. Le cœur comme le temple ne sont pas seulement à l’extérieur, nous le savons bien, ils sont d’abord à l’intérieur de nous, dans notre esprit, dans notre âme, dans notre corps lui-même. C’est pourquoi nous sommes invités de faire de la place dans notre cœur, parce qu’il est le temple de Dieu, parce qu’il est un lieu de rencontre avec Lui, un lieu de prière. 

La prière, ce n’est pas des mots, bien sûr, c’est une rencontre entre le Tout Autre et moi, mais pour Le rencontrer nous avons besoin d’un guide qui soit sûr. Or y-a-t-il meilleur guide que celui qui est la rencontre personnifiée entre le Tout autre et l’homme, entre Dieu et moi, y-a-t-il meilleur guide que celui qui m’a dit : « que cherches-tu ? », qui m’a dit : « viens et vois », y-a-t-il meilleur guide pour cette rencontre que Yeshoua, Lui qui est totalement Dieu mais aussi totalement homme ? 

Ecoutons-le, suivons-Le, à travers l’Evangile, la Bonne Nouvelle, car c’est par elle qu’Il nous enseigne et nous guide, dans le secret du cœur, dans la solitude, visage contre visage... Mon corps est à la fois le temple et la chambre nuptiale de cette rencontre. Ce n’est pas dans l’imaginaire, ni dans le mental, que je vais à Dieu. C'est dans ce monde, ici et nul part ailleurs. Mon corps est la parole forte que j'adresse à mon Créateur et Époux. Je n’ai rien à faire, au contraire ! Il s’agit d’être là, tout simplement, conscient de ce corps qu’il me faut épouser moi-même avant de le proposer à des épousailles mystiques. 

Par le Christ, qui a traversé toutes nos douleurs et agonies jusqu'à la gloire de sa résurrection, par son Corps de chair introduit au sein même de la Divine Trinité, mon corps, avec toutes ses limites, devient un Chemin éblouissant, devient un sacrement, une manifestation de Celui qui s'est incarné. Chemin faisant, mon corps exprime, quel que soit son état de beauté ou de laideur, de santé ou de souffrance, le mystère de ma personne. Dieu a pris un corps pour expérimenter pleinement l'homme et l'homme en vivant pleinement son corps expérimente Dieu ! 

Sur ce chemin, mon corps cesse de m'être un étranger. Je n'ai pas un corps comme j’ai un objet. Dans la mesure où « je suis » mon corps, je l'épouse, et j'expérimente en toute vérité la Parole qu'il m'annonce. Je passe alors d'un corps que je possède ou qui me possède, et qui éventuellement possède les autres, à un corps d'offrande et de célébration, à un corps liturgique, en voie de transfiguration, assimilé au Corps du Christ et en osmose avec Lui.

Bien sûr nous n’y sommes pas encore, mais la conscience de notre corps est lourde de ce projet là quand nous venons devant notre icône, devant notre Bible ou sur notre tapis de méditation. Saint Théophane le Reclus, un évêque mais surtout un grand moine et reclus russe, nous dit à ce sujet : « Chacun choisira sa manière et ce qui lui conviendra le mieux », mais encore 

« l'attention de l'âme dépend aussi d'une position convenable du corps ». 

Quand le corps est dans une position juste, dans l’immobilité, monte en lui le silence. Par conséquent dans l’âme se fait aussi le silence des pensées multiples et alors le nom de mon bien-aimé peut s’épanouir dans ce silence-là. Le nom de celui à qui j’ai dit : où demeures-tu ? Etant venu jusqu’à Lui, je vois et je demeure. Notre histoire avec Dieu est une histoire d’amour ou bien elle n’est pas ! Les mystiques de toutes les traditions sont ici unanimes. 

Et c’est pourquoi le Nom, le Saint Nom de Yeshoua dans la sagesse et la pratique chrétienne est tout à fait central depuis les origines jusqu‘à nos jours. En Occident avec saint Jean Cassien, saint Benoît, saint Bernard, saint François et tant d’autres, en Orient avec toute la tradition hésychaste, depuis les déserts d’Egypte jusqu’au Sinaï, puis au Mont-Athos avec notamment saint Grégoire Palamas qui a mis tout son talent et toute son énergie à défendre cette incorporation de l’esprit par l’invocation du Saint Nom, et qui, citant le prophète Isaïe pour illustrer son propos, écrit : « Mon ventre frémira comme une harpe ». 

Tout au long des deux millénaires de sagesse et de pratique du christianisme, la Prière du Nom, la prière de Jésus, a permis de recevoir toute la vie comme un exercice d‘incarnation de la présence même de la Sainte Trinité. C’est pourquoi : Nous verrons « le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme.» Aussi n’hésitons pas en ce temps béni de l’Avent, venons, voyons et demeurons chez Lui, c’est-à-dire en nous. Joyeux et fructueux temps de l’Avent à tous !

Je vous dis toute mon amitié en Christ, à bientôt !

Père Pascal

 

 
 
Texte à méditer
 

Le christianisme authentique c'est, si vous voulez, une expédition en montagne. Une expédition dangereuse et difficile. C'est pourquoi souvent se produisent des substitutions. Les gens restent au pied du pic à escalader. Ils se calfeutrent dans leur tente en lisant des guides et s'imaginent qu'ils sont déjà arrivés au sommet. Cela nous arrive aussi quand nous lisons des livres de mystiques et qu'en répétant leurs paroles, nous nous imaginons que, en gros, nous sommes arrivés au but.

Alexandre Men, prêtre orthodoxe et martyr du XXe siècle.

 

 

 
Prière


Je t'ai cherché, mon Dieu, autant que j'ai pu. Autant que tu m'en as rendu capable, j'ai désiré voir avec les yeux de l'intelligence ce que j'avais d'abord cru. J'ai longuement discuté et beaucoup travaillé ; Seigneur, mon Dieu, mon unique espérance, exauce-moi. Fais qu'aucune fatigue ne m'empêche de te chercher ; fais, au contraire, qu'avec plus d'ardeur, je cherche toujours ta face. Donne-moi la force de te chercher, toi qui m'as fait te trouver et qui m'as donné l'espoir de te trouver toujours davantage. Devant toi sont ma force et ma faiblesse : affermis l'une et guéris l'autre. Devant toi sont ma science et mon ignorance : là où tu as ouvert, laisse-moi entrer ; là où tu as fermé, je frappe, ouvre-moi. Que je me souvienne de toi, que je te comprenne, que je t'aime. 

Saint Augustin, De la Trinité, XV, 28

 

 

 

 
 
En novembre et décembre
vous pourrez vivre à Béthanie
 
  • La thérapie initiatique selon Graf Dürckheim

    Ce grand maître de notre temps, qui a révélé le sens de la vie à des milliers de personnes, nous apprend que la foi est un chemin d’expérience et de transformation profonde. La découverte de notre « ombre », le quotidien comme exercice, la méditation, l’écoute de l’appel du Maître intérieur… sont quelques-unes des pratiques que nous aborderons.
    Du 26 novembre (9h) au 27 novembre 2016 (17h) 


    Session animée par père FRANCIS, prêtre orthodoxe, MADELEINE, son épouse, praticienne en psychosynthèse, et soeur BARBARA de la communauté de Béthanie.

 

  • Retraite pour préparer Noël : des ténèbres à la Lumière

    La période de l’Avent célèbre le triple avènement du Christ, lumière des hommes : sa naissance à Bethléem, sa venue dans le cœur des hommes et son retour glorieux à la fin des temps. En nos temps d’obscurité, faire de la place à cette lumière est une nécessité absolue. Aussi nous sommes invités à prendre du temps pour faire place à la prière, au jeûne et au silence, à la méditation des textes sacrés et au travail corporel.
    Du 2 décembre (19 h) au 4 décembre 2016 (16 h)


    Retraite animée par père PASCAL, prêtre orthodoxe, et CAROLE, son épouse, de la communauté de Béthanie.
 
  • Noël


    L’Incarnation de Dieu en l’homme est un évènement central pour toute l’humanité. Cela est vrai aussi pour chacun d’entre nous. Accueillir le Christ en soi est une métamorphose radicale. Rencontre fraternelle autour de la fête de la Nativité du Christ dans la joie des offices de la Vigile de Noël, de la Divine Liturgie et des agapes.
    Du 24 décembre (16 h) au 25 décembre 2016 (16 h)
 
  • Méditation : s’incarner pour se libérer 
    selon l’enseignement reçu de Graf Dürckheim


    Vitalité, quiétude, éveil… S’ouvrir à la détente profonde et libérer sa vitalité essentielle par la présence au corps et au souffle. Par des exercices spécifiques, apaiser les perturbations émotionnelles dans l’assise et laisser émerger le « clair silence » (Maître Eckhart), prémices de l’éveil et du don de la grâce contemplative. Initiation et perfectionnement.
    Du 26 décembre (19 h) au 31 décembre 2016 (11 h) 

    Session animée par le père FRANCIS, prêtre orthodoxe, MADELEINE, son épouse, praticienne en psychosynthèse, et soeur BARBARA de la communauté de Béthanie.

 

 

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