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Publié par Centre Béthanie

Lettre N°131 - Le jeûne

Chers Amis,

Nous sommes en plein carême et qui dit carême dit jeûne. C’est l’invitation de l’Eglise depuis deux mille ans.

Mais pourquoi jeûner ?

Écoutons la réponse du Christ : “ les disciples de Jean vinrent auprès de Jésus et dirent : “ Pourquoi, alors que nous et les pharisiens nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? Jésus leur répondit : Les amis de l’époux peuvent-ils s’affliger pendant que l’époux est avec eux ? Les jours viendront où l’Epoux leur sera enlevé, alors ils jeûneront ”. Evangile selon Saint Matthieu (9, 14 et 15)

Selon le Christ, la justification du jeûne, le fait de jeûner est donc lié à un manque. Non pas à un manque de nourriture mais au manque de quelqu’un : l’Époux. L’absence du jeûne est liée à la présence de l’Époux, le fait de jeûner est lié à l’absence de l’Époux. On comprend tout de suite pourquoi il y a un jeûne eucharistique avant la liturgie et des agapes après la liturgie !

On comprend aussi tout de suite pourquoi l’on va jeûner pendant quarante jours avant Pâques, jour de la Résurrection de l’Époux et qu’on ne jeûnera plus ensuite jusqu’à l’Ascension, jours où l’Epoux, le Christ, deviendra invisible à nos yeux.

Mais concrètement comment jeûner ? Les chrétiens de l’Eglise primitive jeûnaient tous les jours sauf le dimanche et dans certaines contrées aussi le samedi en souvenir du Shabbat, jour de fête, c’est un héritage de nos racines juives.

Cela veut dire qu’ils ne mangeaient ni ne buvaient depuis l’aurore jusqu’au coucher du soleil, jusqu’à l’office de vêpres et ensuite quand ils « déjeunaient » avant d’aller se coucher, ils mangeaient et buvaient, d’une part raisonnablement et d’autre part en omettant les produits animaux (viande ou laitage), l’huile, l’alcool et cela jusqu’à la Pâque.

La difficulté était grande, ne nous le cachons pas, et l’être humain est faible. Aujourd’hui nous ne sommes plus dans une civilisation chrétienne, où tout était facilité par le groupe, mais aussi imposé par lui, c’est devenu une affaire essentiellement privée, à contre-courant et c’est donc une responsabilité personnelle, ce qui rend la difficulté plus grande.

Si l’on ne peut suivre la pratique de l’Eglise primitive, il faut l’adapter tout en gardant l’esprit du jeûne. Ce pourra être, compte tenu de nos modes de vie actuels (travail, déplacements, etc.), de simplifier un repas sur deux par jour en ne consommant qu’un seul plat, de supprimer de notre alimentation tous les produits d’origine animale et le vin pendant les jours de semaine tout en tolérant la consommation du poisson et du vin le dimanche et sans oublier qu’il n'y a aucun jeûne pour les malades, les femmes enceintes, les enfants et pour ceux qui sont en voyage.

Mais le jeûne ne concerne pas seulement la nourriture du corps, le jeûne concerne aussi tout ce qui “ nourrit ” l‘âme. Ainsi le jeûne de la parole, surtout de la parole inutile, du bavardage, est là pour faire de la place à la Parole de Dieu. Le bavardage est vraiment une grande plaie de notre époque, car aujourd’hui tout bavarde, la radio, la télévision, le téléphone qui ne nous quitte plus, les haut-parleurs dans les magasins, et bien-sûr ce vacarme incessant qu’est mon cinéma intérieur.

Le carême peut être aussi l’occasion d’un jeûne de la musique, quelle musique j’écoute, quelles sont ses effets sur moi ? En fait, il nous faut chercher dans notre vie tout ce qui, pour nous, est attachement, addiction, tout ce qui créée une faim car jeûner ne signifie qu’une chose : avoir faim, pour découvrir que cette faim est avant tout un état spirituel et que, finalement, elle est en réalité une faim de Dieu...

C'est donc pour prendre conscience de cette faim de Dieu que nous devons jeûner, par amour de Lui et pour rien d‘autre. I1 nous faut redécouvrir notre corps, notre âme et notre esprit comme temple de la divine présence, faire table rase du reste et comme le dit le livre de l’apocalypse : “ alors si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi. ” Bon carême !


Je vous dis toute mon amitié en Christ, à bientôt !

Père Pascal

Prière

 

Ouvre-moi les portes de la pénitence, ô Toi qui donnes la vie ; car dès l’aube mon esprit porté dans le temple de mon corps est tendu vers ton Temple saint ; dans ton infinie bonté, purifie-moi, dans ta miséricorde, fais-moi grâce !

Grande Antienne des laudes de carême


Texte à méditer

Mon âme languit après le Seigneur, et je Le cherche avec des larmes.
Comment pourrais-je ne pas Te chercher ? Toi le premier, Tu m'as trouvé. Tu m'as donné de vivre la douceur de ton Saint-Esprit, et mon âme T'a aimé.

Tu vois, Seigneur, ma peine et mes larmes... Si Tu ne m'avais pas attiré par ton amour, je ne Te chercherais pas, comme Je Te cherche. Mais ton Esprit m'a donné de Te connaître, et mon âme se réjouit que, Toi, Tu sois mon Dieu et mon Seigneur, et, jusqu'aux larmes, je languis après Toi.

Mon âme languit après Dieu, et elle Le cherche avec des larmes.
Seigneur miséricordieux, Tu vois ma chute et ma douleur ; mais, humblement, j'implore ta clémence : répands sur le pécheur que je suis la grâce de ton Saint-Esprit, Son souvenir porte mon esprit à trouver de nouveau ta miséricorde.

Seigneur, donne-moi ton humble Esprit pour que je ne perde pas à nouveau ta grâce, et que je ne me lamente pas comme Adam qui pleurait Dieu et le Paradis perdu.

Saint Silouane de l’Athos (1866-1938)

En février et mars,

vous pourrez vivre à Béthanie

                          

  • RENCONTRE AVEC BERTRAND VERGELY

Thème : Discerner l’homme authentique

L’homme d’aujourd’hui montre qu’il a un potentiel prodigieux. Toutefois, celui-ci peut devenir destructeur quand il est mal orienté. Ce que l’on trouve dans l’homme se trouve dans son désir qui peut être autant porteur de vie que de mort. On peut apprendre à discerner le désir de vie et le désir de mort, c'est cette sagesse que nous interrogerons pour discerner où se trouve aujourd’hui l’homme authentique que notre monde recherche sans savoir forcément où le trouver.

Du 27 février (9 h) au 28 février 2016 (17 h)                                                      

Bertrand VERGELY est professeur de philosophie en Khâgne, maître de conférences à l'Institut des Sciences Politiques et écrivain.

  • S'ACCORDER AU RYTHME DES SAISONS

Stage dans le semi jeûne, (jus de fruits et de légumes dilués), avec pratique du do-in, de la méditation silencieuse, de la psalmodie, de la marche et de la « découverte sensorielle » sur les sentiers des environs. Exposés accompagnateurs. Soirée partage avec chants, poésies, musique et sketches au gré des désirs de chacun (à préparer avant le stage !). Une préparation alimentaire est nécessaire avant le stage et des propositions à cette fin vous seront envoyées à l’inscription.

Du 2 mars (19h) au 6 mars 2016 (14h) (Participation libre)

  • LA PRIERE DE JESUS : voie de transformation dans le quotidien !

La voie de la prière de Jésus prend en compte l’homme dans sa totalité corps-âme-esprit. Perle précieuse de la Tradition orthodoxe, elle nous a été transmise depuis les apôtres jusqu’à nos jours par les Pères du désert, les moines du Mont-Athos et par le disciple de saint Silouane, le starets Sophrony. On étudiera ses sources historiques, sa signification spirituelle et surtout on s’initiera à sa pratique quotidienne.

Du 11 mars (9h) au 13 mars 2016 (17 h)                                            

  • SEMAINE SAINTE ET NUIT PASCALE

De l'onction à Béthanie (mercredi saint) au matin de Pâques, nous mettons nos pas dans ceux de Jésus pour le suivre à travers sa Passion et sa Mort jusqu'à sa Résurrection. Jours de jeûne.

A partir du 23 mars (18 h) au 27 mars 2016 (16 h) (Participation libre)

                            

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