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Publié par Centre Béthanie

La Lettre de Béthanie N° 129
 
 
Chers Amis,
 
« Le peuple qui était dans les ténèbres », comme dit le prophète Isaïe, les rois qui le gouvernaient, ceux qui étudiaient les Ecritures, les prêtres, les prophètes, tous au sein du peuple hébreu attendaient le Messie, « Ha Massiah », le « oint » de Dieu. 

On peut dire qu’ils vivaient tous dans ces grandes détresses fondamentales de l’homme que nous vivons aussi, la solitude, la peur de la mort et l’absurdité de la vie. Ils attendaient depuis des siècles un messie les en libérant… et pourtant, quand il est arrivé, quand les temps furent mûrs, (car vous le savez, quand le disciple est prêt le maître arrive), personne ne s’aperçut qu’Il était là, sinon quelques bergers. 

Ceux-ci étaient des veilleurs, des gens vigilants, qui en reçurent connaissance, nous dit l’Evangile, par révélation angélique. C’étaient des hommes enracinés en ciel, puisqu’ils étaient capables de recevoir un message angélique, mais aussi des éleveurs, donc enracinés en terre et pragmatiques, c’est pourquoi ils se dirent : « Allons donc jusqu’à Bethléem et voyons cet événement que le Seigneur nous a fait connaître ».
 
Or le Messie a surpris tout le monde. Presque tous attendaient un roi terrestre, puissant et armé qui chasserait l’envahisseur car ce petit peuple était en permanence dans la solitude, la peur de la mort et même de l’extinction totale, et donc aussi dans le non-sens, dans l’absurdité de la vie. 

N’en est-il pas de même pour nous aujourd’hui ? N’attendons-nous pas le bonheur de tant de gens, de tant de choses qui finalement nous déçoivent les uns après les autres, qui s’avèrent impuissant à répondre à ce désir de sens qui est en nous, qui nous laissent seuls et face à la peur de la mort ?
 
Or le messie, le « oint » de Dieu, vient comme un petit enfant, un « nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche ». Comment voulez-vous qu’ils le reconnaissent ? Comment voulez-vous que nous le reconnaissions ? En quoi ce nouveau-né peut-Il répondre à nos trois détresses ? Nous qui attendons l’homme providentiel qui nous sortira de la crise financière, économique, politique, militaire, ou qui attendons l’homme ou la femme qui comblera notre besoin affectif béant et notre peur de la solitude, de la mort et du non-sens ?
 
Sommes-nous capables d’attendre le Tout Autre, celui que nous ne savons pas concevoir ? Sommes-nous prêts à être complètement surpris, désarçonnés, décontenancés ? Ne risquons-nous pas de ne pas le reconnaître, de passer à côté de Lui ? « Dieu passe près de moi et je ne le vois pas » …
 
C’est pourquoi il faut veiller, comme ce temps de l’Avent nous y a invité, comme ces bergers à Bethléem qui étaient de grands méditants, car la surveillance d’un troupeau demande d’être vraiment dans la vigilance et radicalement dans l’instant présent. Dans le cas contraire on peut s’attendre à perdre dans la gueule du loup nombre de ses brebis. 

Or nous sommes des bergers, surveillant le troupeau de nos pensées, de nos désirs, de nos pulsions. Il nous faut donc être vigilant nous aussi à chaque instant, car le Christ nous le dit dans l’Evangile : « vous ne savez ni le jour, ni l’heure où le Fils de l’homme reviendra » et Il dit encore ailleurs : « Il viendra comme un voleur », c’est-à-dire que, comme le voleur nous ne le verrons pas, nous ne le reconnaîtrons pas, Il sera caché à nos yeux.
 
Nous sommes tellement obnubilés par nos petits ou grands soucis matériels et existentiels et Lui, Il nous surprend tellement, Il est tellement au-delà de nos attentes, au-delà de nos désirs, Il a une si haute idée de nous que ça ne nous vient pas à l’idée une seconde d’attendre un tel messie.
 
Le messie de l’Evangile est toute intériorité, toute discrétion. Il est plein de respect et de pudeur et il vient, si nous le voulons, si nous lui permettons, au-dedans de nous. Il vient… dans la subtilité de l’instant présent, de l’ici et maintenant, dans ce croisement entre notre vie existentielle et notre profondeur. C’’est là qu’il faut l’attendre, c’est là qu’il faut le guetter, car c’est là qu’il était, c’est là qu’il est, c’est là qu’il vient.
 
Il est certes venu il y a plus de deux mille ans dans l‘histoire des hommes, mais Il n’en est pas reparti, Il y est resté et Il est chaque jour, chaque instant, dans mon histoire, comme un voleur tant que je ne sais pas le reconnaître, mais aussi, si je le Lui permet, comme Celui qui épouse ma vie, qui transcende mon histoire, qui féconde mon devenir, qui permet ma transformation, ma transmutation, comme Celui qui est devenu homme pour que l’homme devienne dieu, pour que « je » devienne dieu.
 
Soyons donc prêt, exerçons-nous à veiller dans nos cœurs, soyons attentifs comme dit le diacre à la liturgie et soyons vigilants sans relâche, sans a priori d‘aucune sorte. Soyons dans l’instant présent et nulle part ailleurs, car c’est là qu’Il vient et c’est là qu’Il nous sauve.
 
 
Je vous dis toute mon amitié en Christ, à bientôt !
 
Père Pascal
 
 

 

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