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Publié par Centre Béthanie

La Lettre de Béthanie N°115

Gorze, septembre 2014

Chers Amis,

Nous célébrons ce mois, le 14 septembre, la solennité de l’Exaltation de la Sainte Croix. Qui s’en souvient ? Vous vous en êtes sans doute aperçu, dans notre société dès qu’on parle de la croix, on est souvent gêné, on a presque toujours comme un relent de dolorisme du siècle passé qui nous colle à la peau et on se dit : « encore ! », on ne pourrait pas parler d’autre chose, de quelque chose de plus gai ! D’ailleurs, je croyais que les orthodoxes étaient plutôt branchés : transfiguration et résurrection ! Et voilà que Béthanie nous envoie une lettre mensuelle sur la croix !

L’évangile nous dit en Jean 12, 31 et 32 : « C’est maintenant le jugement de ce monde, c’est maintenant que le Prince de ce monde va être jeté dehors ; et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai vers moi tous les hommes. » En plus de la croix, aujourd’hui vous avez donc droit dans cette lettre, en prime si j’ose dire, au Jugement et aussi au Prince de ce monde, c’est-à-dire au démon.

Eh oui ! Le Christ n’est pas venu nous annoncer que la vie est un long fleuve tranquille ! Mais, et c’est plus intéressant, Il est venu nous montrer comment sortir de l’impasse de la souffrance et de la mort dans laquelle nous sommes. Le Christ est venu ouvrir la Mer rouge de la souffrance et de la mort et Il est venu nous la faire traverser en la traversant Lui-même le premier. Car pour ressusciter, pour être transfigurer, il faut traverser la Mer Rouge de la souffrance et de la mort, ce n’est pas magique, mais surtout il faut en sortir plus vivant que jamais ! C’est cela la croix du Christ ! Et c’est pourquoi elle a tant d’importance pour nous, car elle ne nous plonge pas dans la souffrance et la mort, mais elle nous en fait sortir et c’est elle qui nous fait ressusciter à la suite du Christ, dans son sillage.

Le Christ, Dieu devenu homme par amour pour l’homme, est allé jusqu’au bout de l’amour, il est mort pour nous, les bras grands ouverts, et c’est là qu’est le jugement de ce monde, dont parle l’Evangile ! On a peint et sculpté bien des jugements pour nous faire peur, mais le vrai jugement il est là, sur la croix ! C’est la confrontation de notre vie à ce don total de l’amour. C’est pourquoi nous l’exaltons cette croix car elle est le signe que Dieu nous aime infiniment, que Dieu vient nous défendre et qu’Il nous donne le moyen de sortir de notre condition infernale, de notre soumission au Prince de ce monde. La croix n’est pas un symbole sordide, ce n’est pas qu’un gibet, c’est un symbole de victoire sur la mort et c’est donc un symbole de résurrection.

Pour nous Chrétiens, pour toute l'Église Orthodoxe, la Croix constitue le plus grand don de Dieu sur la terre et dans nos vies. Un don d'une immense valeur, qui manifeste l'amour sans limites de Dieu. C'est pourquoi nous la plaçons en position centrale dans l'Église, c’est pourquoi nous la plaçons dans nos maisons comme un signe d'offrande et de prière, c’est pourquoi chaque croyant porte une croix sur sa poitrine, lui chante des louanges et l'identifie au Christ Sauveur, qui a souffert sur elle et surtout qui, sur elle et par elle, a vaincu le Prince de ce monde.

C’est pourquoi nous faisons si souvent sur nous-mêmes ce signe de la croix, car il est l’arme de notre combat intérieur. Je nous invite tous à ne pas nous en priver, et pas seulement à l’Eglise, mais dans notre vie quotidienne. Une pensée néfaste surgit, faisons le signe de la croix. Une difficulté se présente, faisons le signe de la croix. Une action, une relation se profile, faisons le signe de la croix. Vous me direz peut-être que ce n’est pas toujours possible en public ? Mais on n’est pas obligé de faire de grands signes, une croix discrète sur notre cœur ou sur notre bouche suffit.

Mais c’est parfois vrai que nous avons peur du regard des autres, car effectivement aujourd’hui en occident on peut être l’objet de moquerie ! Nous avons souvent honte du Christ ! Lui pourtant ne nous a pas renié comme saint Pierre l’a fait à la première occasion, et vous me direz, heureusement pour nous !… On se sent moins seul en si bonne compagnie. Donc, si nous n’avons pas ce courage ou si nous jugeons que ce n’est pas opportun dans le contexte de la chère laïcité, eh bien traçons-le intérieurement ce signe de la croix, mais surtout ne nous privons pas de cette arme exceptionnelle.


Je vous dis toute mon amitié en Christ, à bientôt !

Père Pascal

Prière

Au fond du cœur nous te chantons avec nos hymnes les plus beaux.
Nous t'aimons du plus pur amour et nous adorons ta grandeur.
Les heures sombres de la nuit succèdent à la clarté du jour,
mais la foi n'a point de ténèbres 
et la nuit brille de son flambeau.
Fais que toujours nos âmes veillent...
Gardent sans cesse ceux qui te prient.


AMBROISE DE MILAN (339-397)

 

Texte à méditer

Tout homme est un phénomène unique et original ; la voie de chaque ascète est, elle aussi, unique et originale. Cependant les hommes, dans leur tendance à classifier les phénomènes selon tel ou tel critère, le font également dans ce domaine.

L'expérience séculaire des Pères permet de classer en trois catégories ou types le développement de la vie spirituelle d'un homme.

La grande majorité des hommes fait, partie de la première catégorie. Ils sont attirés à la foi par une légère touche de la grâce, puis passent le restant de leur vie dans un effort spirituel modéré pour observer les commandements, et ce n'est qu'à la fin de leur vie, en raison des souffrances vécues, qu'ils connaissent la grâce dans une mesure quelque peu plus grande. Certains d'entre eux, d'ailleurs, font plus d'efforts et reçoivent une grande grâce avant leur mort. C'est le cas de nombreux moines.

La deuxième catégorie comprend ceux qui sont attirés, au début, par une touche de la grâce relativement légère, mais font, ensuite, preuve d'un grand zèle dans la prière et dans la lutte contre les passions, et connaissent, au cours de ce laborieux effort ascétique, au milieu de leur voie, une grande effusion de l'a grâce ; passant le reste de leur vie dans un effort encore plus grand, ils atteignent un haut degré de perfection.

La troisième catégorie est la plus rare. C'est celle des hommes qui, par leur ferveur, ou plutôt grâce à la prescience de Dieu, reçoivent dès le début de leur voie ascétique une grande grâce, la grâce des parfaits. Leur voie est la plus difficile, car personne, en effet - pour autant qu'on puisse en juger d'après les vies et les œuvres des saints Pères, d'après la tradition orale des ascètes des siècles derniers et encore en se basa- sur l'expérience de nos contemporains - personne ne peut garder en plénitude le don de l'amour divin, mais ensuite, pour une période prolongée, l'homme subit la perte de la grâce et l'abandon de Dieu. En réalité, ce n'est pas une complète perte de la grâce, mais subjectivement l'âme ressent la diminution des effets de la grâce comme un abandon de Dieu.

Les ascètes de cette dernière catégorie souffrent plus que tous les autres, car, après avoir connu la grâce et la contemplation de la lumière divine, ils ressentent les ténèbres de l'abandon de Dieu et les attaques des passions, en raison même du contraste avec ce qu'ils ont vécu auparavant, d'une manière incomparablement plus aiguë : ils savent ce qu'ils ont perdu. En outre, la grâce vécue transforme l'homme tout entier et le rend infiniment plus sensible à tout phénomène spirituel.

Les ascètes de cette dernière catégorie souffrent plus que tous les autres, car, dans ce monde-ci, l'amour du Christ est plongé dans une très douloureuse « fournaise de l'épreuve » (I P 4,12); car, dans ce monde-ci, l'amour du Christ est inévitablement un amour crucifié.

Tiré de « Starets Silouane », Archimandrite Sophrony

En octobre vous pouvez vivre à Béthanie :

 

  • UNE RENCONTRE AVEC  JACQUELINE KELEN

Thème : Libres d’elles-mêmes et de toutes choses…

La vie et la mystique des Béguines du XIIIe siècle. Nous étudierons ce mouvement spirituel novateur et ses influences d’après le témoignage ardent de trois hautes dames : Hadewijch d’Anvers, Mechthilde de Magdebourg et Marguerite Porète.

Du 4 octobre (9 h) au 5 octobre 2014 (17 h)             

Jacqueline KELEN, productrice d’émissions à France-Culture pendant vingt ans, est écrivain. Ses livres sont consacrés à l’étude des mythes et de la voie mystique.

  • CHANTER AVEC IEGOR REZNIKOFF

Thème : Le chant contemplatif occidental antique

Travail sur la résonance sonore dans le corps : perception fine des vibrations, conscience sonore approfondie, écoute et émission des sons harmoniques, intonation naturelle (non tempérée). Sur cette base, on abordera deux ou trois chants du répertoire contemplatif antique; ces chants sont aussi des prières. Ce cours donne  les fondements profonds du chant sacré et liturgique mais aussi  les bases de la thérapie par le son. Il est ouvert à ceux qui n'ont jamais chanté, comme aux musiciens et chanteurs professionnels.

Du  18 octobre (9 h) au 19 octobre 2014 (17 h)                                                 

Iégor REZNIKOFF est spécialiste des fondements de l’art et de la musique sacrés, en particulier du chant chrétien antique. Professeur à l’Université de Paris, il a enseigné et enseigne encore dans plusieurs conservatoires prestigieux ainsi que dans des communautés religieuses.

  • TRANSFORMER SA VIE DANS LE QUOTIDIEN : LA PRIERE DE JESUS

Comment transformer sa vie en un chemin de croissance et de transfiguration au quotidien ? La voie de la prière de Jésus prend en compte l’homme dans sa totalité corps-âme-esprit. Perle précieuse de la Tradition orthodoxe., elle nous a été transmise depuis les apôtres jusqu’à nos jours : par les Pères du désert, les moines du Mont-Athos et par le disciple de saint Silouane, le starets Sophrony. On étudiera ses sources historiques, sa signification spirituelle et surtout on s’initiera à sa pratique quotidienne.

Du 23 octobre (9 h) au 26 octobre 2014 (17h)                   

Cette session est animée par père PASCAL, prêtre orthodoxe, en collaboration avec CAROLE, son épouse, collaborateurs de père Alphonse et de Rachel Goettmann depuis une trentaine d’années.

  •  APPROCHE POUR LA CREATION D’UNE ICÔNE

Apprendre à regarder des icônes, s’initier au dessin et à la peinture de l’icône, s’imprégner de leur sens spirituel selon la Tradition orthodoxe. La pratique de l’art de l’icône est un chemin de service, d’amour de la beauté et de persévérance qui, dans son accomplissement, permet d’offrir un lieu de rencontre entre Dieu et l’Homme. (Aucun don particulier n’est exigé pour le dessin ou la peinture. Ce stage s’adresse autant aux débutants qu’aux anciens. D’autres dates seront proposées pour continuer l’expérience.)

Du 30 octobre (9h) au 2 novembre 2014 (17h)                                                        

Sous la conduite de sœur ELISABETH du monastère St-Michel de Bois-Aubry, iconographe depuis 25 ans, ancienne élève de Léonide Ouspensky.

 

NOUVEAU PROGRAMME 2014/2015:
http://www.centre-bethanie.org/compression/bethanie_programme.pdf

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